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Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

La plus ancienne société locale

La plus ancienne société locale

En 1906, lors des Jeux olympiques d’Athènes, Louis-Marcel Richardet remporte trois médailles d’or et une médaille d’argent lors des compétitions de tir. Enfant de La Chaux-de-Fonds et horloger de formation, il est membre de la Société de tir Les Armes-Réunies.

Plus ancienne société de la ville, la Société de tir des Armes-Réunies est fondée à La Chaux-de-Fonds en 1820. Elle a joué, à sa création, un rôle sportif et politique par le regroupement des républicains souhaitant l’émancipation du canton de Neuchâtel, alors sous domination prussienne, et sa pleine incorporation à la Suisse. Suite à l’avènement de la République en 1848, l’aspect politique diminue au profit de l’aspect sportif.

La Société de tir Les Armes-Réunies occupe successivement plusieurs stands de tir, dont un, de 1840 à 1880 environ, situé le long de l’avenue Léopold-Robert, à la hauteur des numéros 78-80, à l’endroit où démarre aujourd’hui la rue des Armes-Réunies. C’est là qu’eut lieu, en 1863, la Fête du Tir fédéral. La ville s’étendant progressivement à l’ouest, la Société de tir vend son terrain et construit de nouveaux locaux à l’est d’un espace boisé qui deviendra le Bois du Petit-Château. Aujourd’hui, le stand de tir de la Société des Armes-Réunies se situe sur la rue Louis-Joseph-Chevrolet.

À noter qu’une autre très ancienne société locale, de musique cette fois, porte aussi le nom d’Armes-Réunies.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photos : Julie Babey

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Culture Le coin des musées Patrimoine

Au Musée paysan et artisanal en septembre et octobre

Au Musée paysan et artisanal EN SEPTEMBRE ET octobre

Pour celles et ceux à qui la nostalgie ne fait pas peur
Notre exposition « C’était mieux avant… ou pas » vous fera revivre ou connaitre des périodes oubliées ou regrettées… ou pas. Que ce soit pour les loisirs, la condition féminine, l’éducation, la santé, l’alimentation ou le travail, est-il mieux de vivre de nos jours ou antan ? À quelle période fait ou faisait-il bon vivre ? Celle d’aujourd’hui, avec son lot de problématiques angoissantes, sous l’Ancien Régime et sa justice expéditive ou durant les Trente Glorieuses ? Des objets et des textes d’époque rappellent ce passé parfois oublié, souvent idéalisé, une particularité de notre mémoire.

Le 23 septembre de 14h à 17h, la semaine du goût s’arrête au Musée
En collaboration avec la Société d’apiculture des montagnes, un après-midi de dégustation de produits de la ruche est organisé. Pâtisseries au miel, bonbons et autres délices vous attendent (entrée 8 frs, enfants gratuits).

Le 3 octobre de 10h à 17h, c’est la Fête au Musée paysan
Si la conservation de notre passé vous tient à cœur, venez soutenir le musée lors de sa fête !

Toute l’équipe vous concoctera ses fameuses spécialités : soupe aux pois, saucisson au four avec salades (verte et pomme de terre) et gâteaux au fromage, côté sucré, nos gâteaux à la crème et aux fruits de saison.

Des artisanes seront de la fête pour vous présenter leur savoir-faire. Des animations pour les familles vous attendent (entrée libre).

Les 30-31 octobre et 1er novembre de 14h à 17h, c’est la Biennale du patrimoine horloger au Musée
Des animations pour les enfants auront lieu tout le weekend, deux fameux horlogers travaillant à l’ancienne, Messieurs Sekiguchi et Bonniksen démontreront leur génie dans l’ancien atelier du musée le samedi et dimanche. Dès 16h, samedi, visite guidée autour de la vie et le travail des paysans-horlogers, entre mythe et réalité. Dimanche, des dentellières présenteront leur travail aussi minutieux que celui de l’horloger.

Pour novembre et décembre, un petit avant-goût :

  • Conférence « C’était mieux avant… ou pas » (20 novembre, 18h)
  • Lecture AVO « Femme à la campagne en 1900 » (28 novembre, 17h)
  • Dame de Noël et Saint Nicolas (29 novembre 14h-17h)
  • À la recherche des cadeaux du Père Noël (dès 13 novembre, jeu)

Le Musée est ouvert de mercredi au dimanche de 14h à 17h. Retrouvez l’agenda complet sur www.mpays.ch.

Diane Skartsounis, conservatrice
Photos : Musée paysan et artisanal

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

Une place pour l’égalité

Une place pour l'égalité

Le 14 juin 1981, le principe de l’égalité des droits entre femmes et hommes est soumis au vote de la population suisse en vue de son inscription dans la Constitution fédérale. Le texte est accepté par le peuple est les cantons avec une majorité de 60,7 %. Un alinéa est ajouté à l’article 8 de la Constitution stipulant que « L’homme et la femme sont égaux en droit ».

En 1996, le principe d’égalité est confirmé par l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur l’égalité en femmes et hommes. Cette nouvelle loi vise à garantir ce principe dans la vie professionnelle et à interdire toute discrimination.

Cependant, devant la persistance des inégalités, une grève féministe est organisée en Suisse le 14 juin 2019. Cette manifestation, devenue annuelle, veut montrer que, malgré les dispositions légales en place, il existe toujours des inégalités salariales entre hommes et femmes, de la discrimination à l’embauche et des comportements sexistes au travail. La date est choisie en souvenir de la grève du 14 juin 1991, menée par des ouvrières de la Vallée de Joux, pour de meilleures conditions de travail.

À La Chaux-de-Fonds, la place du 14-juin est inaugurée en 2003. Les autorités choisissent alors de baptiser un espace encore sans nom le long de la rue du Versoix. La cérémonie officielle a lieu en même temps que celle de la place des Brigades-Internationales, qui, elle, fera l’objet d’un prochain article.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine

Photos : Alyssa Arricale

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Culture Patrimoine Société

Tissages du monde

Tissages du monde

Le projet « Tissages du monde » met en lumière la richesse culturelle locale à travers une initiative à la fois artistique et humaine. Porté par le Service de l’intégration et de la cohésion sociale, en collaboration avec le secteur mode du pôle Arts Appliqués du CPNE ainsi que cinq communautés établies dans notre ville, cet événement propose une approche originale mêlant traditions et créations contemporaines.

Les étudiant-e-s de 1ère, 2e et 3e année de la filière mode ont été invité-e-s à concevoir des vêtements actuels inspirés d’habits traditionnels. Ce travail de réinterprétation témoigne d’un dialogue vivant entre les cultures, valorisant à la fois les savoir-faire ancestraux – parfois lointains – et la créativité des jeunes créatrices et créateurs.

Un grand défilé, organisé le 13 juin prochain, permettra de mêler art et traditions. Les communautés tamile, ukrainienne, portugaise, africaines et albanaise seront à l’honneur : elles proposeront une immersion dans leurs cultures à travers la gastronomie, l’art et l’artisanat, et participeront activement à l’événement.

Ce projet illustre l’importance de créer des espaces de rencontre pour mieux se connaître, reconnaître la diversité et en faire une richesse partagée. Il se veut être une contribution au vivre-ensemble en mettant en avant la mixité et l’interpénétration des cultures, d’où naissent des formes nouvelles de création, de pratiques et de liens sociaux, riches d’ici et d’ailleurs.

Le public est chaleureusement invité à venir découvrir ces univers le 13 juin prochain, soutenir le travail des étudiant-e-s et vivre la diversité qui fait la richesse de notre ville.

Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

la rue du Cours-Supérieur

la rue du Cours-Supérieur

Située au-dessus du collège Numa-Droz, reliant la rue du Progrès à la rue Alexis-Marie-Piaget, la rue du Cours-Supérieur fait référence à l’enseignement donné à l’École d’art par Charles L’Eplattenier entre 1905 et 1914.

Engagé en tant que professeur de composition décorative, Charles L’Eplattenier ouvre, en octobre 1905, le Cours supérieur d’art et de décoration. Cette offre est destinée aux élèves souhaitant développer leurs compétences dans les arts décoratifs. Parmi eux figurent plusieurs femmes, telles que Jeanne Perrochet, Henriette Grandjean ou Marie-Louise Goering. Elles y côtoient Léon Perrin, Charles Humbert ou Charles-Edouard Jeanneret, futur Le Corbusier.

Sous la houlette de leur enseignant et dans la ligne de l’Art nouveau, les élèves observent la nature et développent un langage décoratif ornemental basé sur la nature jurassienne qui deviendra le Style sapin. Ces jeunes artistes réalisent également plusieurs commandes privées comme la Villa Fallet, le Salon Spillmann ou encore le Salon de musique de l’intérieur Mathey-Doret, malheureusement disparu.

En janvier 1912, Charles L’Eplattenier transforme le Cours supérieur d’art et de décoration en Nouvelle section du Cours supérieur d’art et de décoration et engage trois de ses anciens élèves, Charles-Edouard Jeanneret, Charles Humbert et Léon Perrin, comme assistants. Cette Nouvelle section fermera deux ans plus tard, suite à la démission de Charles L’Eplattenier.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photo : Julie Babey

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Divers Loisirs Patrimoine Société

Parc des Crêtets : un témoin de la Belle Époque pour une ère nouvelle

Parc des Crêtets : un témoin de la Belle Époque pour une ère nouvelle

Une nouvelle vie se profile pour le parc des Crêtets. Son projet de réaménagement a été présenté lundi 20 avril à la population, dans une aula du collège des Gentianes pleine à craquer, symbole de l’attachement des Chaux-de-Fonnier-ère-s pour cet espace vert majeur. « Les travaux seront lancés durant le mois de juin pour une fin estimée en 2027 », a annoncé en guise d’introduction Ilinka Guyot conseillère communale en charge des Espaces publics. Le coût total de ce projet est estimé à 7,6 millions, et sera financé par 2,5 millions de dons, issus notamment du grand élan de solidarité qui avait émergé après la tempête du 24 juillet 2023. Durant les travaux, le parc restera fermé au public. Seule la zone piétonne, située sur la rue du Commerce, restera accessible.

Le projet prend en compte l’héritage du passé et les défis, notamment climatiques, de l’avenir. « Il y a une importance de préserver le patrimoine de ce parc, respecter l’existant qui avait été créé par Charles Mattern début 1900. Toutefois, un parc en 2026 ne se travaille plus comme au début du XXe siècle. Nous devons tenir compte des demandes diverses issues autant de la population que des acteurs de l’environnement, notamment. », explique Edgar Ramel, architecte paysagiste au Service des Espaces publics.

Trois zones complémentaires
Le nouveau parc a été imaginé en trois zones. À l’est, c’est l’ombre et la fraîcheur qui seront privilégiées, avec la remise en eau de la cascade de la grotte. Les eaux de ruissellement seront valorisées dans l’ancien ruisseau, autour duquel une zone humide propice à la biodiversité sera aménagée. Le petit kiosque de repos sera reconstruit à l’identique, en réutilisant certains éléments. Au centre du parc, une zone panoramique sera créée avec vue sur les quartiers nord. L’esplanade du kiosque à musique sera aplanie afin de faciliter la tenue de manifestations, tandis que la rocaille sera travaillée en gradins pour accueillir les spectateur-trice-s. En contrebas de l’esplanade du pavillon de musique, une nouvelle cascade se jettera dans le bassin historique situé au bord de la rue du Commerce.

Enfin à l’ouest, c’est une zone de détente avec pelouses et davantage de soleil qui est prévue, avec rénovation de la petite place de jeux.

Alors que plus de 80% de la canopée a été dévastée par la tempête, une large réflexion est en cours pour le reboisement du parc, en intégrant de nouvelles espèces résistantes au changement climatique. Au total, 166 arbres seront replantés sur le site, dont certains arbres majeurs qui marqueront sur le long terme le paysage et l’ambiance du parc.

Léonard Reichen, rédacteur
Photo : Patrick Guerne

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Culture Patrimoine Société

Afficher la migration : regards croisés sur une histoire européenne

Afficher la migration : regards croisés sur une histoire européenne

À La Chaux-de-Fonds, l’exposition « Afficher la migration » propose de retracer l’histoire des migrations en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Organisée dans le cadre de la Semaine neuchâteloise d’actions contre le racisme, elle a été réalisée grâce à la Fondation Jean Monnet pour l’Europe.

À travers des documents d’archives et une riche collection d’affiches, le public est invité à explorer un phénomène au cœur de la construction européenne. De l’après-guerre marqué par les déplacements massifs de populations aux besoins en main-d’œuvre des Trente Glorieuses, jusqu’à la mise en place progressive de la libre circulation, l’exposition met en lumière les multiples visages de la migration et leurs évolutions dans le temps.

Au-delà des politiques, ce sont surtout les regards portés sur les personnes migrantes qui interpellent. Entre élans de solidarité, mobilisations citoyennes, débats publics et tensions politiques, cette exposition offre une lecture nuancée et accessible d’un enjeu toujours brûlant, au cœur de nos sociétés contemporaines, invitant chacune et chacun à porter un regard critique et informé sur ces réalités.

Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale

Exposition sur la rue du Marché du 4 mai au 1er juin 2026

Vernissage : jeudi 7 mai, place Espacité
• 18h : partie officielle en présence de Théo Bregnard, conseiller communal, Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale de la Ville de La Chaux-de-Fonds, Grégory Jaquet, délégué aux étrangères et aux étrangers du canton de Neuchâtel et Boris Bruckler, commissaire de l’exposition
• 18h15 : apéritif offert par la Ville
Cette exposition est proposée dans le cadre de la Semaine neuchâteloise d’action contre le racisme 2026, coordonnée par le Forum Tous Différents Tous Egaux, en collaboration avec les Services de la cohésion sociale des Villes de La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel ainsi que le Service de la cohésion multiculturelle de l’État de Neuchâtel.

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

1, 2, 3, nous irons au Bois

1, 2, 3, nous irons au Bois

La place du Bois, sur laquelle se tient chaque année l’imposant marché aux puces de la Fête de mai, doit son nom à un autre marché, celui des combustibles. Cette large place accueillait jusque dans les années 1950 le marché du bois et de la tourbe. En son centre, une fontaine munie de 5 lanternes, alimentée à l’origine par le gaz, est installée en 1880.

L’ensemble de ce quartier se développe dès les années 1860, selon un plan orthogonal qui comporte très peu de jardins. Situé dans un creux, ce quartier ne bénéficie pas du même ensoleillement que la partie est de la ville, de l’autre côté de la rue du Versoix. Les noms des rues alentour font référence à une ancienne zone humide. Ainsi, la rue du Marais et la rue des Terreaux se trouvent à proximité de la rue des Sagnes, terme régional pour désigner un marécage. Mais la rue du Soleil n’est pas bien loin !

Cette place, déjà présente sur le plan de 1856, portait alors le nom de Place du Sentier. La lecture des archives montre que la place garde ce nom durant près d’un siècle puis change progressivement pour s’appeler la place du Bois. Les deux noms co-existent sur les plans entre 1950 et la fin des années 1970. C’est finalement au moment où le marché du bois et de la tourbe disparaît que sa fonction première est gardée en mémoire par un changement de nom qui semble se faire naturellement.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation
du patrimoine
Photo : Alyssa Arricale

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Patrimoine

chemin des Kikajons

chemin des Kikajons

Dans plusieurs jardins privés chaux-de-fonniers se nichent des petits cabanons communément appelés des kikajons. Ce terme arrive très probablement dans le parler local à travers la traduction de la Bible menée par le théologien neuchâtelois Jean-Frederic Osterwald au XVIIIe siècle. Le mot hébreux kikajon apparait dans le livre de Jonas mais n’est pas traduit par l’auteur qui précise dans une note qu’il s’agit d’une plante à croissance rapide donnant facilement de l’ombre. Il pourrait s’agir du ricin. Par extension, cette plante couvrante évoque un abri. Le terme kikajon semble rapidement intégré, car il est mentionné dans le Dictionnaire du parler neuchâtelois en tant que « pavillon, kiosque ou tonnelle de jardin ».

Beaucoup de ces cabanons de jardin sont encore en place et, pour la plupart, restaurés. Généralement en bois et d’une architecture élégante, certains accueillent des outils de jardin alors que d’autres permettent à plusieurs personnes de s’y installer pour un moment de convivialité.
En 1996, la commission de toponymie propose au Conseil communal de nommer rue des Kikajons la partie supérieure de la rue Moïse-Perret-Gentil qui s’appelait alors rue des Arbres. Cette portion borde une parcelle de jardins communaux qui ont vu pousser, de manière plus ou moins ordonnée et légale, nombre de petits cabanons, héritiers des kikajons du début du XXe siècle.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photos : Alyssa Arricale

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Culture Patrimoine

Louis Chevrolet : modèle parfait du mythe américain

Louis Chevrolet : modèle parfait du mythe américain

Au premier plan, Louis Chevrolet. Photo : Bibliothèque nationale de France - Novembre 1920

Le Parc de l’Ouest, où trône la statue en hommage à Louis Chevrolet, me rappelle Daniel, un camarade de classe, et des voisins d’autrefois. Je devais être en quatrième primaire. L’instituteur nous avait demandé de penser à un sujet pour « une conférence ». Daniel proposa de nous raconter la vie de Louis Chevrolet, un aventurier et constructeur d’automobiles né à La Chaux-de-Fonds à la fin du 19e siècle. Je n’en avais jamais entendu parler, en revanche je connaissais la marque de voitures. Elles exerçaient une incroyable fascination chez mon père. Il est vrai que les deux Chevrolet métallisées de nos voisins, des Impalas du début des années 1960, m’émerveillaient aussi. L’une était bleue et l’autre brune.

Je préférais la brune à cause des paillettes de la carrosserie. Elles me rappelaient les flacons des crèmes solaires et les après-midis à la piscine. Les propriétaires des véhicules habitaient dans l’immeuble jouxtant le nôtre. Ils les parquaient devant leur entrée. A l’époque, il y avait peu de voitures. Les grosses cylindrées se garaient facilement, et gratuitement, devant la maison. Les enfants, nous jouions en courant partout sur la route et les trottoirs. Par beau temps, notre vitalité atteignait son paroxysme. Alors père et fils, des immigrés italiens qui investissaient probablement tout leur salaire dans leur passion, s’adossaient chacun sur une carrosserie pour s’assurer que l’on n’y toucherait pas. 

Arriva le jour de la conférence de Daniel. Pour moi, ces « grosses américaines » servaient à promener des stars dans les films et à titiller les fantasmes des habitant-e-s du quartier. Je n’imaginais pas qu’elles portaient le nom d’un célèbre coureur automobile, un inventeur qui avait vu le jour à la rue du Grenier 22, là où à présent s’élève une tour. Un homme que la soif de vitesse et de modernité avait mené de nos montagnes à Détroit, en passant par Paris et New York.

 

Dunia Miralles, autrice de l’emblématique Swiss trash, revient sur son rapport avec une figure historique qui a contribué au rayonnement de notre ville : Louis Chevrolet. L’écrivaine chaux-de-fonnière nous en apprend un peu plus sur l’aura du pilote de course et inventeur de la marque automobile éponyme.

Vue de la statue en hommage à Louis Chevrolet du Parc de l'Ouest. Photo : Christophe Schindler

Qu’un Chauxois soit devenu un mythe d’outre-Atlantique, m’ébahissait. Son périple est également relaté dans le livre de Michel Layaz : Les vies de Chevrolet, paru aux Éditions Zoé. L’ouvrage nous emmène dans le rêve américain, du temps où l’Amérique faisait encore rêver, comme elle faisait rêver les immigrés italiens, mon père ou les enfants du baby-boom. Je vais quand même divulgâcher la fin : malgré la grandeur et l’abondance que Chevrolet représente, Louis est mort pauvre, pendant que l’entreprise étasunienne qui avait racheté ses brevets s’enrichissait. Son cœur de Montagnard était probablement resté trop pur pour devenir riche.

Dunia Miralles, écrivaine chaux-de-fonnière