Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

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Culture Destination capitale culturelle La parole aux acteurs

L’équipe de lcdf27 s’installe aux Anciens abattoirs

L'équipe de lcdf27 s'installe aux Anciens abattoirs

Photo : Julie Babey

Ça bouge à la rue du Commerce ! Depuis le mois de décembre, lcdf27 a pris ses quartiers à l’entrée des Anciens abattoirs. Lcdf27, c’est l’association chargée de piloter « capitale culturelle ». Pour l’instant, il s’agit d’une quinzaine de personnes, mais les bureaux se remplissent à vue d’œil.

L’emplacement n’est pas anodin, car les Anciens abattoirs formeront l’épicentre de la manifestation tout au long de 2027. Ce lieu insolite et chargé d’histoire sera entièrement transformé pour l’occasion. Les travaux vont bon train, mais il faudra attendre le 31 décembre pour découvrir la métamorphose. 

Dans le bâtiment rénové, ça sent encore la peinture. Les murs sont d’un blanc éclatant et de magnifiques carreaux-ciment de 1906 ornent les couloirs.

En bas se trouvent l’administration et le pôle partenariats et projets citoyens, actuellement occupé à la recherche de fonds. À côté, la « comm » relaye l’information autour des résultats du 2e appel à projets. La « prod » s’inquiète de loger les artistes, dont ceux qui viendront prochainement préparer leurs interventions. À l’étage, la technique jongle entre les dizaines de projets. La grande salle de réunion bruisse du matin au soir ; reste la cuisine, où l’on croise rapidement les collègues, le temps d’un café.

Tout en haut, on imagine un système de billetterie – avant de penser à l’accueil du public et à la recherche de bénévoles. Partout, les to-do lists sont longues. L’équipe artistique seconde les artistes et peaufine les projets – maintenant que tout est décidé sur papier, il faut tout concrétiser. Dans l’angle se trouve le bureau du directeur – le chef d’orchestre qui fédère tout ce petit monde. Depuis la rue, à l’aube, on aperçoit déjà sa silhouette à la fenêtre, devant sa table de travail.

De tous les côtés, on interagit avec les artistes, les institutions culturelles, les partenaires, et les services de la Ville. Un bureau d’accueil ouvrira au public au rez-de-chaussée avant la manifestation.

En savoir plus sur la manifestation : lcdf27.ch

Marikit Taylor, chargée de mission Capitale culturelle
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Culture Patrimoine

Louis Chevrolet : modèle parfait du mythe américain

Louis Chevrolet : modèle parfait du mythe américain

Au premier plan, Louis Chevrolet. Photo : Bibliothèque nationale de France - Novembre 1920

Le Parc de l’Ouest, où trône la statue en hommage à Louis Chevrolet, me rappelle Daniel, un camarade de classe, et des voisins d’autrefois. Je devais être en quatrième primaire. L’instituteur nous avait demandé de penser à un sujet pour « une conférence ». Daniel proposa de nous raconter la vie de Louis Chevrolet, un aventurier et constructeur d’automobiles né à La Chaux-de-Fonds à la fin du 19e siècle. Je n’en avais jamais entendu parler, en revanche je connaissais la marque de voitures. Elles exerçaient une incroyable fascination chez mon père. Il est vrai que les deux Chevrolet métallisées de nos voisins, des Impalas du début des années 1960, m’émerveillaient aussi. L’une était bleue et l’autre brune.

Je préférais la brune à cause des paillettes de la carrosserie. Elles me rappelaient les flacons des crèmes solaires et les après-midis à la piscine. Les propriétaires des véhicules habitaient dans l’immeuble jouxtant le nôtre. Ils les parquaient devant leur entrée. A l’époque, il y avait peu de voitures. Les grosses cylindrées se garaient facilement, et gratuitement, devant la maison. Les enfants, nous jouions en courant partout sur la route et les trottoirs. Par beau temps, notre vitalité atteignait son paroxysme. Alors père et fils, des immigrés italiens qui investissaient probablement tout leur salaire dans leur passion, s’adossaient chacun sur une carrosserie pour s’assurer que l’on n’y toucherait pas. 

Arriva le jour de la conférence de Daniel. Pour moi, ces « grosses américaines » servaient à promener des stars dans les films et à titiller les fantasmes des habitant-e-s du quartier. Je n’imaginais pas qu’elles portaient le nom d’un célèbre coureur automobile, un inventeur qui avait vu le jour à la rue du Grenier 22, là où à présent s’élève une tour. Un homme que la soif de vitesse et de modernité avait mené de nos montagnes à Détroit, en passant par Paris et New York.

 

Dunia Miralles, autrice de l’emblématique Swiss trash, revient sur son rapport avec une figure historique qui a contribué au rayonnement de notre ville : Louis Chevrolet. L’écrivaine chaux-de-fonnière nous en apprend un peu plus sur l’aura du pilote de course et inventeur de la marque automobile éponyme.

Vue de la statue en hommage à Louis Chevrolet du Parc de l'Ouest. Photo : Christophe Schindler

Qu’un Chauxois soit devenu un mythe d’outre-Atlantique, m’ébahissait. Son périple est également relaté dans le livre de Michel Layaz : Les vies de Chevrolet, paru aux Éditions Zoé. L’ouvrage nous emmène dans le rêve américain, du temps où l’Amérique faisait encore rêver, comme elle faisait rêver les immigrés italiens, mon père ou les enfants du baby-boom. Je vais quand même divulgâcher la fin : malgré la grandeur et l’abondance que Chevrolet représente, Louis est mort pauvre, pendant que l’entreprise étasunienne qui avait racheté ses brevets s’enrichissait. Son cœur de Montagnard était probablement resté trop pur pour devenir riche.

Dunia Miralles, écrivaine chaux-de-fonnière

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Culture

Festival littéraire : quand le temps se lit et se vit

festival Littéraire : quand le temps se lit et se vit

Marie-Joëlle Pedretti et Anne Pellaton, cofondatrices du festival. Photos : Julie Babey

Du 31 janvier au 2 février 2020 s’est tenu, à La Chaux-de-Fonds, un événement mémorable. La Cité horlogère accueillait pour la première fois un festival littéraire. Baptisé Mille fois le temps, le projet a été initié par la Jurassienne Marie-Joëlle Pedretti et la Chaux-de-Fonnière Anne Pellaton, amies et anciennes collègues à Paris.

Prévu initialement comme un rendez-vous annuel, le festival prendra finalement la forme d’une biennale, en raison de l’épidémie covid en 2021. Un mal pour un bien : « Si on le faisait tous les ans, on serait en train de préparer des demandes de subventions pour 2027, en plus d’un tas d’autres démarches. Ces deux années apportent une bouffée d’oxygène et du temps pour bien préparer l’édition suivante. » Une décision judicieuse, car toute l’organisation repose sur les épaules des deux femmes, même si elles bénéficient de l’aide précieuse de leurs proches et de partenaires institutionnels.

En effet, tant des institutions communales — comme la Bibliothèque de la Ville, le Musée des beaux-arts et L’Heure bleue — que d’autres structures telles que les librairies La Méridienne, Payot et Impressions, le Club 44, le centre de culture ABC ou la Société de consommation… ont largement contribué au succès de l’édition 2026. La programmation (du 5 au 8 février) a offert un véritable florilège de surprises dans les différents lieux partenaires.

La littérature y est sortie des sentiers battus, s’exprimant à travers des expériences originales : le speed mentorat de 300 secondes animé par Thomas Sandoz;  la balade littéraire proposée par Orélie Fuchs (commande de texte pour l’occasion) et l’association 1000m d’auteur-e-s ; ou encore les performances scéniques de Thibault Daelman puis des artistes AbSTRAL & Lopi, au centre de culture ABC.

Échange avec l'écrivain Célestin de Meeûs au Club 44

Mille fois le temps, c’est aussi la mise en lumière d’auteurs et d’autrices peu ou pas connu-e-s du public. Cette année encore, ce sont le romancier Célestin de Meeûs, auteur de Mythologie du .12, et l’autrice-illustratrice jeunesse Delphine Perret, qui ont bénéficié d’une résidence artistique. Le premier a partagé son expérience à travers une lecture publique suivie d’une rencontre lors de la soirée d’inauguration, tandis que la seconde a animé des ateliers pour certains en milieu scolaire ainsi qu’une rencontre illustrée publique.

Faire ressentir le pouls de la littérature au grand public n’était pas un pari évident. Mais, osons l’avouer, il a été brillamment réussi. « Le bilan de cette quatrième édition est très positif, tant par la qualité des événements proposés, que par l’accueil du public (beaucoup plus nombreux) ainsi que par le retour enthousiaste des auteurs, autrices, artistes présent-e-s qui se sont dits enchanté-e-s de leurs venues à La Chaux-de-Fonds, dans ce tourbillon littéraire et artistique », confirment les cofondatrices. 

Jean Christophe Malou, rédacteur

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Culture Société

Latitude 21 et La Chaux-de-Fonds : un partenariat pour la solidarité

Latitude 21 et La Chaux-de-Fonds : un partenariat pour la solidarité

Photo : Joy Obuya

À La Chaux-de-Fonds, la solidarité s’exprime à travers un tissu associatif dynamique et engagé, attentif aux enjeux sociaux et internationaux. C’est dans ce contexte que s’inscrit depuis 2025 le retour de la collaboration entre la Ville de La Chaux-de-Fonds et Latitude 21, la fédération neuchâteloise de coopération au développement.

Latitude 21 réunit seize ONG du canton, actives dans la coopération internationale, parmi lesquelles Médecins du Monde, mais aussi des associations comme Kasnoma, dont le siège se trouve à La Chaux-de-Fonds. Ensemble, elles œuvrent en faveur de la solidarité internationale et du développement durable dans les pays du Sud. La fédération coordonne les actions de ses membres, soutient leur financement et mène des campagnes de sensibilisation auprès du grand public.

Dans un contexte économique marqué par des ressources financières limitées, l’engagement des collectivités locales revêt une importance particulière. Les communes, proches de leurs habitant-e-s, continuent de soutenir des initiatives solidaires. Pour Latitude 21, le soutien de La Chaux-de-Fonds est particulièrement précieux : en versant une contribution annuelle de CHF 10’000, la Ville permet à la fédération de renforcer son action et participe à maintenir vivante la coopération internationale à l’échelle locale.

Latitude 21 accorde également une grande importance à la sensibilisation des jeunes. Depuis 2010, la fédération organise des animations dans plusieurs établissements scolaires afin de faire découvrir aux élèves les enjeux auxquels sont confrontés les pays du Sud. Elle souhaite développer ce volet pédagogique à La Chaux-de-Fonds, à l’image de ce qui est déjà mis en place au Val-de-Travers (École Jean-Jacques Rousseau) et à La Grande Béroche (Les Cerisiers). Depuis 2020, près de 2’300 élèves ont été sensibilisé-e-s à ces enjeux grâce à ces journées.

Photo : Bertine Ouedraogo

Lors de ces animations, les élèves découvrent différents projets portés par les organisations membres de Latitude 21 et sont ensuite amené-e-s à voter pour le projet qu’ils et elles souhaitent soutenir. Celui qui recueille le plus de suffrages bénéficie ensuite du soutien financier de la commune. Ces journées ne se limitent ainsi pas à la découverte de la coopération internationale : elles encouragent aussi l’engagement citoyen, en donnant aux jeunes l’occasion de s’exprimer et de prendre part à des décisions concrètes.

Latitude 21 est déjà active à La Chaux-de-Fonds dans le cadre des Journées nord-sud organisées par le Lycée Blaise-Cendrars, où elle anime depuis 2022 des ateliers avec des organisations membres. Ces initiatives rappellent que la coopération internationale n’est ni abstraite ni lointaine : elle peut prendre racine ici même, au cœur des villes et des écoles. Forte du soutien de la Ville de La Chaux-de-Fonds, Latitude 21 se réjouit de poursuivre et de développer ses activités.

Maude Stauffer, assistante de programme

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Culture

Le MIH présente « TOUCHING INFINITY » À SHANGAI

Le MIH présente « TOUCHING INFINITY » À SHANGAI

Alors que la Suisse et la Chine célèbrent le 75e anniversaire de leurs relations diplomatiques, l’horlogerie est au cœur du dialogue culturel entre les deux pays. À l’invitation de Hantang Culture, le Musée international d’horlogerie (MIH), gardien de l’héritage horloger suisse, présente pour la première fois à Shanghai une sélection de pièces emblématiques de sa collection. L’exposition Touching Infinity, organisée dans le cadre de l’initiative culturelle ART SHANGHAI, propose une immersion unique dans l’histoire de la mesure du temps, du cadran solaire aux montres-bracelets contemporaines. À travers des chefs-d’œuvre de miniaturisation, d’avancées techniques et de la richesse des arts décoratifs horlogers, l’exposition met en lumière les liens profonds qui unissent science, art, artisanat et industrie dans une perspective résolument universelle.
Plus de 160 pièces, réparties sur sept siècles d’histoire de la mesure du temps, racontent l’évolution de notre rapport au Temps. Parmi elles, 114 œuvres issues du MIH quittent la Suisse pour la première fois, témoignant de l’importance de ce prêt exceptionnel. Horloges astronomiques, automates, chronomètres de navigation et montres de poche illustrent la façon dont la maîtrise du temps a façonné les sociétés, les explorations et stimulé l’inventivité humaine.

Grâce à l’implication de The Watch Library, une sélection de documents exceptionnels complète le propos, offrant aux visiteur-euse-s un éclairage précieux.

Touching Infinity consacre également un volet à l’histoire des échanges horlogers entre la Chine et l’Europe. Les montres suisses produites pour le marché chinois au XIXe siècle en témoignent directement et rappellent la vitalité de ces liens, toujours présents aujourd’hui.

Le MIH est heureux de présenter cet ensemble à Shanghai durant la fermeture du musée pour travaux et se réjouit d’accueillir à nouveau son public au printemps prochain, lorsque ces trésors retrouveront leur écrin, ici, à La Chaux-de-Fonds.
À découvrir tous les jours jusqu’au 1er mars 2026, Villa Hantang, 33 Zhongshan East 1st Road, Huangpu District, Shanghai.

Nathalie Marielloni et Régis Huguenin, Musée international d’horlogerie
Victoire Veller, Hantang Culture
Illustrations : MIH

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Culture Divers

Fondation Winterthur – La Chaux-de-Fonds : une fille de la crise

Fondation Winterthur – La Chaux-de-Fonds : une fille de la crise

Au début des années 1990, quand la mondialisation commença à redessiner la carte planétaire des productions industrielles, la crise s’abattit sur la Suisse. Un séisme auquel n’échappèrent pas l’horlogerie et l’industrie des machines. L’union faisant la force, La Chaux-de-Fonds et Winterthur, qui fabriquaient, entre autres, des machines pour l’horlogerie, devinrent partenaires. De cette union naquit la Fondation Winterthur – La Chaux-de-Fonds.

Échanges sportifs, scolaires et culturels
Cette fondation favorise les échanges scolaires et les activités sportives qui permettent de transcender les barrières linguistiques et géographiques. Les rencontres et interactions se font dans un cadre ludique et parfois compétitif. Les habitant-e-s de Winterthur peuvent, par exemple, participer à la populaire course des Montagnes : La Trotteuse-Tissot. Afin de favoriser les échanges, les deux villes organisent aussi des journées où les habitant-e-s de chaque cité sont invité-e-s à découvrir la ville jumelle. Depuis 2025, l’association a également mis sur pied des résidences qui accordent aux artistes de chaque ville un séjour créatif dans la ville partenaire.

La Villa Sträuli : un superbe lieu de création
En tant qu’écrivaine, j’ai eu la chance d’être la première chaux-de-fonnière à séjourner à la Kulturhaus Villa Sträuli de Winterthur. À n’en point douter, cela marquera un tournant dans ma littérature. Cette résidence a été le moment le plus créatif, le plus artistiquement heureux, que j’ai vécu depuis la crise du Covid. Le magnifique atelier mis à ma disposition a été particulièrement propice à éveiller mon imaginaire littéraire. De plus, la riche offre culturelle de la Kulturhaus Villa Sträuli, qui organise plusieurs fois par mois des rencontres, des concerts ou des expositions, m’a procuré d’intelligents instants de loisirs.

Cerise sur le gâteau : la sympathique équipe de la villa, à la fois accueillante et discrète, a toujours été disponible pour répondre à mes demandes. J’ai également aimé découvrir la ville et ses nombreux musées, ses parcs aux arbres centenaires, son passé industriel qui surgit à chaque coin de rue grâce à la préservation des sites manufacturiers – souvent transformés en des lieux de culture et de divertissement – les maisons de maître à l’architecture du 19e siècle… Sans compter la proximité de Zurich, Saint-Gall ou Constance qui élargit le champ des balades créatives. Si cela n’avait tenu qu’à moi, j’y serais volontiers restée en immersion quelques semaines de plus.

Dunia Miralles, écrivaine
Photos : Dunia Miralles

La mise au concours de la résidence artistique 2026 Villa Sträuli, Winterthur est ouverte : winterthur-lachauxdefonds.ch

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Culture

Stéphane Gattoni : Trois questions sur la rénovation de Beau-Site

Stéphane Gattoni : Trois questions sur la rénovation de Beau-Site

Parmi les grands chantiers préparant la cité horlogère à l’événement La Chaux-de-Fonds Capitale culturelle suisse 2027 figure celui du théâtre de Beau-Site. C’est dans ce cadre que la Fondation du TPR lance une grande campagne de financement participatif. Stéphane Gattoni, directeur technique du TPR, répond à trois questions.

Quelles parties du site du TPR doivent être rénovées ?
Il faut avant tout préciser qu’il y a deux chantiers distincts. L’un, financé par la Ville, concerne les bâtiments du TPR à Beau-Site. L’autre, à la charge de la Fondation du TPR, porte uniquement sur la partie scénique de la salle de spectacle. C’est cette dernière qui nous incombe. Le théâtre doit être prêt en janvier 2027 pour Capitale culturelle.

En quoi vont consister les travaux ?
Notre objectif est de renouveler l’ensemble des installations scéniques du théâtre. Les infrastructures, qui ont plus de 40 ans, doivent être mises aux normes afin d’assurer la sécurité des techniciens et un meilleur confort aux spectateurs et spectatrices, ainsi qu’aux artistes par le renouvellement des systèmes d’accroches et la pose d’un plancher par exemple.

Comment s’organise la campagne de financement ?
Elle s’adresse à toute personne, entreprise ou organisme souhaitant contribuer à la pérennité de ce haut lieu culturel de La Chaux-de-Fonds. Des tranches de 1’000 CHF sont sollicitées, sous la forme de dons ou de prêts à la Fondation, avec des échéances allant de 5 à 15 ans. Celles et ceux qui le désirent peuvent bien entendu effectuer plusieurs versements. Les formulaires sont disponibles dans les halls d’entrée des théâtres de Beau-Site et de L’Heure bleue, ou via le QR code ci-dessous. Par avance, nous remercions les donatrices et les donateurs pour leur précieuse participation.

Propos recueillis par Jean Christophe Malou
Photo : Julie Babey

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Culture Divers Loisirs

13e Nuit de la photo : l’excellence accessible

13e Nuit de la photo : l’excellence accessible

Forte d’une solide réputation internationale, la Nuit de la Photo propose à La Chaux-de-Fonds des œuvres issues des plus grands musées et festivals. L’événement présente des projections en boucle (cycles de 20 minutes) d’une photographie classique invitant à la réflexion. La sélection mêle figures historiques, comme Marc Riboud et Louis Stettner, et talents contemporains, tout en valorisant les photographes régionaux tels que X. Voirol, D. Marchon ou M. Renaud.

Prix Andrée Moser et enquêtes photographiques
Le prix Andrée Moser 2026, en mémoire de la fondatrice disparue, va au Malgache Rijasolo, qui explore la persistance des mythes face au colonialisme. Le public découvrira aussi les travaux des lauréats de l’Enquête photographique vaudoise 2025 : R. Mader, M. Gafsou et S. Carp. Fidèle à son esprit populaire, la manifestation reste gratuite. Les dons demeurent toutefois indispensables pour rémunérer les photographes et les professionnel-le-s épaulant l’équipe bénévole. Une culture de haut niveau, à la portée de toutes et tous.

Claude-André Moser, programmation et administration

13e Nuit de la Photo, La Chaux-de-Fonds

samedi 14 février de 17h à 1h. Conférence sur Marc Riboud à 17h au Club 44 et projections en boucle dans les divers lieux culturels de la ville de 17h à minuit.

Détails sur www.nuitdelaphoto.ch

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Culture Société

« Pourquoi je veux être publiée ? » témoignage de Maiia Aleskerova

"Pourquoi je veux être publiée ?" témoignage de Maiia Aleskerova

Je me suis demandé : « Pourquoi je veux être publiée ? ». Parce que je veux que vous partagiez avec moi mon chagrin du passé et ma joie du présent. Je suis en Suisse depuis trois ans, je m’y sens comme chez moi, surtout à La Chaux-de-Fonds.

Il y avait un temps où je vivais dans une maison entourée de fleurs et d’arbres.

Il y avait un temps, notamment dans mon enfance, où je dévorais des romans d’aventures et rêvais de pays lointains.

Il y avait un temps où je ne distinguais pas la Suède de la Suisse (il est vrai qu’en russe les deux mots se ressemblent beaucoup). Puis partie pour l’Irlande, je me suis retrouvée en Suisse. Maintenant, La Chaux-de-Fonds est ma réalité : ici, j’ai trouvé de véritables ami-e-s.

La première amie que j’ai rencontrée ici, c’est Maya l’abeille. Elle est jolie et curieuse. Nous nous sommes croisées dans un magasin de vêtements gratuits pour les réfugiés où j’ai fait du bénévolat. Même si Maya est en peluche et aussi le symbole de la ville, elle est simple et gentille. Je l’ai invitée à rester chez moi.

Dès que j’ai déménagé et que je me suis installée à La Chaux-de-Fonds, ma première question a été : où apprendre le français ? Il y avait quelques cours gratuits chez Caritas, RECIF, au Temple Farrel.

Aujourd’hui c’est mercredi matin. J’ai un cours de français avec Damaris. Le sujet est vraiment intéressant : les expressions idiomatiques comme « en faire tout un fromage ». Damaris a dit que nous pouvions écrire une histoire en utilisant ces expressions. Et voilà : « Notre appartement est la place parfaite pour des commérages. Il y a quatre femmes et le chien, qui est aussi une femelle. Nous étions amies avant d’emménager ensemble, maintenant je casse souvent du sucre sur le dos de mes colocatrices. » Si vous pouviez imaginer la situation, vous me comprendriez. « Chaque matin, quand j’ouvre la porte de ma chambre, je vois Emka. C’est la chienne, qui a toujours les crocs. Je vous assure qu’elle me raconte des salades. Elle a déjà mangé plusieurs fois avant mon réveil. Elle essaie de me rouler dans la farine. Aussitôt que je vois ses yeux honnêtes, je ne peux pas résister. Nous allons à la cuisine. »

J’ai beaucoup d’autres souvenirs dans mon cœur. Je ne vous conseille pas de jeter un coup d’œil dans mon cœur. Mon cœur est déchiré, déchiré par des morceaux de mémoire.

Regarde, c’est moi ! Je suis dans le jardin rempli de fleurs. Le chat est à mes côtés et un garçon m’aide à arracher des mauvaises herbes. C’est mon neveu. Après, l’image change.

Maiia Aleskerova est née en 1968 à Kharkiv, alors en Union soviétique, aujourd’hui en Ukraine. Réfugiée à cause de la guerre, elle vit à La Chaux-de-Fonds depuis trois ans. Professeure d’anglais, elle apprend aujourd’hui le français pour écrire et partager « le chagrin du passé et la joie du présent ». Curieuse, observatrice, elle écrit avec une voix sobre, où se mêlent douleur et tendresse du quotidien.

Il est 4 heures du matin. Je suis réveillée par un appel téléphonique.

Quelqu’un me dit que la guerre a commencé. Ma vie a été divisée en deux parties : avant et après. Avant la vie ordinaire et après…

Après, mon neveu a marché sur la mine.
L’explosion !

Et maintenant, les morceaux de cette mine, je les porte dans mon cœur. Je les porte pour toujours. Il avait tout juste dix-neuf ans. J’ai fermé mon cœur. Il n’y a plus rien dedans, plus de sentiments. Juste le cœur déchiré.

J’ai décidé de quitter mon pays.

Maiia Aleskerova, auteure
Photos : Julie Babey

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Culture Destination capitale culturelle

LCDF 27 : le compte à rebours commence !

LCDF 27 : le compte à rebours commence !

Le décompte est lancé ! Dans douze mois, La Chaux-de-Fonds sera officiellement la première Capitale culturelle suisse. Mais finalement, qu’est-ce qu’une Capitale culturelle ?

On connaît celles de l’Union européenne – un concept lancé en 1985 pour valoriser la culture de villes qui se voient octroyer ce titre prestigieux pour une durée d’un an. Il ne s’agit pas de réinventer la culture locale, mais de la magnifier, de lui donner un écrin et de l’ouvrir à toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’impliquer. On se souvient de Liverpool, Lille ou Essen, dont la labellisation a fortement dynamisé le tissu urbain et l’économie locale.

En 2013, l’idée surgit de lancer une initiative similaire à l’échelle suisse. L’association Capitale culturelle est créée et, rapidement, La Chaux-de-Fonds, connue pour sa vie culturelle vibrante, semble la candidate idéale. Mais tout reste encore à faire.

Monter un tel projet pour la première fois est une tâche d’envergure, qui nécessite courage, ambition et esprit d’aventure.

La Chaux-de-Fonds est fière et enthousiaste d’être la première ville à bénéficier de ce titre au niveau national, de relever le défi, et de paver la voie pour mettre en valeur toute la diversité culturelle et linguistique du pays. En effet, cette manifestation culturelle d’ampleur inégalée en Suisse devrait se dérouler tous les trois ans, dans des régions linguistiques différentes. Il faudra donc attendre au moins dix ans avant qu’une Capitale culturelle soit de nouveau nommée en terre romande !

Ainsi commence cette nouvelle rubrique du Tourbillon qui vous accompagnera tout au long de cette fantastique aventure.

Marikit Taylor, chargée de mission Capitale culturelle
Photo : Ville de La Chaux-de-Fonds – Patrick Guerne