Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

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Santé Société

Des mots pour s’intégrer, des liens pour avancer

Des mots pour s'intégrer, des liens pour avancer

Deux projets de Caritas Neuchâtel facilitent l’intégration des personnes migrantes dans la ville de La Chaux-de-Fonds avec l’aide de bénévoles en alliant apprentissage du français et création de liens sociaux concrets.

Le projet LINK met en relation des personnes du domaine de l’asile avec des bénévoles pour des missions plus ou moins étendues dans le temps : recherche de logement, appui administratif, soutien à la scolarité des enfants, soutien à la formation dans le cadre d’apprentissage. L’objectif : transmettre des repères concrets, en « faisant avec » plutôt qu’« en faisant à la place », pour encourager l’autonomie. En collaboration avec le projet LOCAL de la Ville de La Chaux-de-Fonds, nous avons imaginé des missions plus ponctuelles consistant à aider les personnes migrantes à s’intégrer dans le riche tissu associatif chaux-de-fonnier. Quand on ne maîtrise ni la langue ni le fonctionnement de notre société, il est parfois compliqué de prendre contact avec un club de judo pour son enfant ou de faire un premier pas pour intégrer une chorale. Les missions LOCALink reposent finalement sur un constat simple : sans réseau local, il est difficile de s’intégrer pleinement.

Complémentaires, les Ateliers de français, gratuits et ouverts à tou-te-s, offrent un espace bienveillant aux personnes migrantes désireuses d’améliorer leurs connaissances. Jeux, discussions, articles d’actualité : les activités sont variées, interactives et encouragent chacun-e à s’exprimer. Mais au-delà des apprentissages linguistiques, ces ateliers sont aussi des lieux d’échange où se construisent des liens, se partagent des valeurs, des traditions, des cultures et les réalités du quotidien en Suisse. Animées par des bénévoles engagé-e-s, ces rencontres hebdomadaires permettent à chacun-e de progresser à son rythme, de prendre confiance et de s’ouvrir aux autres.

Ces deux projets montrent qu’avec des moyens simples, mais humains, on peut grandement faciliter l’intégration tout en renforçant les liens entre habitant-e-s d’une même région. Des actions concrètes qui favorisent l’autonomie et renforcent le vivre-ensemble et un bel exemple de solidarité active.

Carole Spring, responsable de la communication chez Caritas Neuchâtel
Photo : Sedrik Nemeth

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Formation Société

Les 50 ans du collège Numa-Droz : un projet mûrement réfléchi !

Les 50 ans du collège Numa-Droz : un projet mûrement réfléchi !

L’architecture scolaire est un champ d’études passionnant. Elle reflète l’évolution des modèles pédagogiques et leur application à travers la conception des écoles. Un important changement apparaît dans les années 1960. L’arrivée de l’enseignement des branches scientifiques et artistiques crée des besoins importants en salles adaptées aux besoins pédagogiques. Cette diversification des salles entraîne la création d’une architecture davantage pavillonnaire et étendue. L’usage du béton préfabriqué, systématique à cette période, apporte de nouvelles formes.

Ainsi, après les grands collèges construits au début du XXe siècle, comme ceux de l’Ouest, de la Charrière ou des Crêtets, la ville va voir apparaître des « centres multilatéraux », comme celui des Forges puis Numa-Droz. L’ensemble du canton se couvre alors de nouveaux bâtiments scolaires.

Le collège Numa-Droz et plus spécifiquement son complexe sportif sont ainsi des témoins importants de ce patrimoine bâti de la deuxième moitié du XXe siècle. L’ensemble des bâtiments et des espaces extérieurs est construit entre 1972 et 1975 par l’architecte communal René Blant, en collaboration avec Georges Haefeli et le bureau Vuilleumier & Salus pour la partie sud. Les salles de sport présentent des formes courbes en béton préfabriqué qui se coulent harmonieusement dans le plan d’urbanisme dû à Charles-Henri Junod. L’architecture est fonctionnelle et adaptée aux besoins de l’enseignement. Les classes, orientées au sud, présentent de grandes fenêtres inondant les salles de lumière comme ce fut le cas plus tôt des ateliers d’horlogerie.

Le projet architectural intègre de nombreuses œuvres d’art. Un appel aux artistes de la région est lancé par la Ville et le choix fait par un jury. Ainsi, une dizaine d’œuvres agrémentent les lieux et permettent aux élèves de côtoyer l’art au quotidien. À l’initiative du sculpteur Léon Perrin, quelques pierres de l’ancien collège ont été sauvées et replacées dans un mur de la cour.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Pascal Cosandier, directeur du secteur Nord de l’Ecole obligatoire

Photo : Pascal Cosandier

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Culture Loisirs Société

derrière l’objectif de Mike Kuhne

derrière l’objectif de Mike Kuhne

Mike a toujours apprécié la photographie. Un peu comme tout le monde, il utilisait régulièrement son téléphone portable pour figer différents instants.

C’est en 2020 que ce qui était alors un loisir prend une autre dimension. Alors que le monde entier est bousculé ; confiné, Mike prend le temps de penser à lui, à ce qu’il aime. Et s’il troquait ses jeux vidéo – qui le maintiennent sur son canapé – pour une activité plus saine, plus légère et plus nature ? C’est ainsi qu’il mit en vente ses gadgets, et réinvestit le montant pour son nouveau protégé, un appareil photo semi-professionnel.

Pas à pas, il se lance à la conquête de La Chaux-de-Fonds, cette ville chère à son cœur. Un lieu après l’autre, avec le désir sincère d’immortaliser les merveilles qu’il ne se lasse de contempler au quotidien. Assez rapidement, les commentaires de son entourage affluent, s’y ajoutent ceux de ses abonné-e-s sur les réseaux sociaux.

De nature plutôt discrète, les retours bienveillants lui ont, au fil du temps, donné l’impulsion nécessaire pour présenter son exposition qui est en place pour deux mois encore à la Clinique Montbrillant. Les photos sont exposées sur les différents murs et supports, dès l’entrée de l’ancien bâtiment de la clinique.

Cette présentation allie deux activités indissociables que Mike affectionne ; la photographie et la retouche. Il préfèrerait presque le moment de la retouche, car le fait d’essayer de reproduire, précisément, ce que ses yeux ont eu le privilège de contempler, voilà ce qu’il aime, voilà ce qui nourrit sa passion et l’élève en exutoire. Ce pouvoir qu’il s’octroie derrière son écran à essayer, au mieux, de partager la magie qu’il a pu observer de ses yeux.

Placer La Chaux-de-Fonds au centre de son projet était une évidence. Notre ville est une œuvre d’art que Mike se plaît à sublimer, avec beaucoup de joie et de finesse.

Sephora Duplain, rédactrice

Exposition de Mike Kuhne
Où : Clinique Montbrillant SA, rue de la Montagne 2
Date : jusqu’au 30 juillet 2025
Contact : 078 748 33 35
Instagram : Mikekuhne_photographie
Site internet : mk-photographie.ch

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Loisirs Société

la fête de la place du marché en images

la fête de la place du marché en images

Après une inauguration officielle l'automne dernier, la place du Marché a accueilli samedi 17 mai une grande journée d'animations pour célébrer le nouvel espace piéton. Des réjouissances aux couleurs printanières pour le plus grand bonheur des chaux-de-fonnier-ère-s. / Photos : Quentin Perrenoud.

Retrouvez toutes ces photo ainsi que la galerie complète sur le site de la Ville de La Chaux-de-Fonds.

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Divers Société

Fêtons le printemps et la place du Marché !

Fêtons le printemps et la place du Marché !

Après une inauguration officielle l’automne dernier, la place du Marché accueillera samedi 17 mai une grande journée d’animations pour toutes et tous ! De quoi célébrer ce nouvel espace public piéton d’importance pour le centre-ville.

Depuis l’automne 2024, la place du Marché est un vaste lieu piéton sur lequel s’étalent généreusement les terrasses des différents établissements publics. Un espace qui invite à la flânerie, à la visite des commerces locaux du centre-ville. Mais c’est aussi une place propice à l’organisation d’événements que la Ville de La Chaux-de-Fonds se plaît à soutenir, telle que les Jeudredis Bleus.

Le samedi 17 mai sera l’occasion d’une journée festive, imaginée pour tous les publics, sur ce nouvel espace réaménagé en 2024. Petits et grands, gourmands ou encore amateurs de musique se donnent donc rendez-vous entre 14h et 19h, au cœur de la ville ancienne.

Parmi les moments forts, la Ville est heureuse de remettre sur pied une distribution de fleurs avec le concours du Service des espaces publics. Après avoir mûris dans les serres communales, dahlias ou géraniums, seront distribués gratuitement, de quoi inciter à fleurir les jardins et balcons de la Métropole horlogère.

Pendant ce temps, les familles auront l’occasion de s’amuser sur la place. L’emblématique fontaine accueillera une pêche aux canards, avec divers lots à gagner. Sur les nouveaux pavés, la population pourra participer à une fresque géante en craie. L’ATE proposera un départ de balades urbaines à vélo et à pieds à la découverte des nouveaux aménagements réalisés ces dernières années. Pour les gourmands, la population est invitée à venir déguster une taillaule géante.

Le prix des vitrines décorées par les sociétés locales sera également remis par le GSL (groupement des sociétés locales) et le CID.

Enfin, la culture n’est pas oubliée. Le coup d’envoi de la saison 2025 du Six Pompes Summer Tour sera donné avec la déambulation de Big Fish, tandis que la clique les Archichaux animera une partie de l’après-midi. L’apéritif du samedi soir sur les terrasses sera animé par une programmation multiculturelle.

Léonard Reichen, chargé de projets, Secteur commerce, centre-ville
et tourisme
Photos : David Robert

=> Infos pratiques, programme et horaires

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Économie Société

Job à 1000m : bilan d’une première année encourageante

Job à 1000m : bilan d'une première année encourageante

Le service de la Jeunesse réalise un bilan positif de la 1ère année du projet Job à 1000m lancé en mai 2024. Avec plus de 240 inscriptions de jeunes de 13 à 17 ans, l’initiative rencontre un vif succès auprès d’eux ; 18 offres de petits jobs ont été proposées par les particuliers. Au final, 15 contrats ont été signés, favorisant de belles rencontres intergénérationnelles et de premières expériences enrichissantes.

Une jeune de 16 ans nous parle de son expérience : « J’ai voulu trouver un petit job pour être plus indépendante financièrement et ne pas toujours demander de l’argent à mes parents. Cela me permet aussi d’apprendre à gérer mes responsabilités. Ce job m’apporte beaucoup sur le plan humain et me fait prendre conscience de l’importance du soutien et de la solidarité. J’apprends à être plus patiente, attentive aux besoins des autres et organisée. C’est une expérience qui me permet de me sentir utile. »

Ce projet a été mis en place pour faciliter l’accès des jeunes aux petits emplois, offrant ainsi une nouvelle plateforme pour les aider dans leur recherche. Reste maintenant à attirer davantage d’offres de particuliers afin de répondre à la demande croissante de jeunes motivé-e-s à rendre service pour de l’argent de poche.

Souhaitons à ce projet une deuxième année aussi prometteuse.

Saskia Fimmano, collaboratrice administrative

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Société

Les options professionnelles : une belle vitrine pour les élèves

Les options professionnelles : une belle vitrine pour les élèves

Photo : David Kohli

Les options professionnelles permettent aux élèves de découvrir différents métiers en réalisant un projet concret. Ils-elles doivent planifier les étapes, documenter leur progression dans un portfolio. Ils-elles bénéficient pour cela du suivi de leur enseignant-e-s. Ces options ne sont pas notées comme d’autres branches scolaires, mais évaluées par une appréciation (Réussi/Non réussi). Un-e élève ne peut pas cumuler plus d’un « Non Réussi » sur l’ensemble de ses options et de son portfolio.

Comme chaque année à la fin du premier semestre, les élèves des options professionnelles du secteur sud et des Ponts-de-Martel ont présenté leurs projets lors d’une exposition à l’aula du collège de Bellevue, du 28 au 30 janvier 2025. Cette exposition s’adressait aux parents et aux élèves de 10éme année souhaitant choisir une option pour l’année suivante. Tous-tes les élèves du collège de Bellevue avaient également la possibilité de visiter cette exposition avec leurs enseignant-e-s.

Les options représentées étaient :
• OCM (activités créatrices et manuelles)
• ODE (dessin technique et artistique)
• OIG (informatique appliquée et gestion)
L’option OEX (expression orale et corporelle), uniquement enseignée dans le secteur nord, n’était pas exposée cette année.
Les élèves ont mené à bien divers projets, comme un cheval à bascule pour enfants, des sweat-shirts personnalisés ou encore une maquette de patinoire de hockey, cette dernière étant le fruit d’une collaboration entre les options OCM, OIG et ODE.

Durant l’exposition, les classes de 10ème année ont pu découvrir ces réalisations et échanger avec les élèves de 11ème année dans une ambiance conviviale.

Photo : Christelle Serrano

Le mercredi soir, l’événement était ouvert au public, attirant notamment des commerçant-e-s locaux-ales, certain-e-s exposant même des créations d’élèves en vitrine.

Cette exposition est une belle opportunité pour les élèves de valoriser leur travail, de planifier les différentes étapes à effectuer, d’apprendre à respecter des délais et d’être fier-ère-s de leurs réalisations. Bravo à toutes et tous et merci aux enseignant-e-s pour leur expertise et leur précieux accompagnement !

Direction du cycle 3 secteur sud

Photo : David Kohli
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Société

Trente ans d’engagement contre le racisme

Trente ans d'engagement contre le racisme

Visuel : Mathilde Schenk, élève au Lycée Denis-de-Rougemont

En 1995, un collectif informel d’associations et d’acteurs se réunissait à l’échelle cantonale avec pour volonté de thématiser la question du racisme et de mener des actions marquantes. Le 20 mars dernier, la 30ème Semaine d’actions contre le racisme (SACR) a été inaugurée à La Chaux-de-Fonds en présence d’un public engagé.

Depuis 30 ans, le Forum Tous Différents Tous Égaux réunit des citoyen-ne-s, des associations, des institutions ainsi que des collectivités publiques, dont la Ville de La Chaux-de-Fonds, autour d’un même objectif : lutter contre les discriminations et promouvoir l’égale dignité. La SACR se dote chaque année d’un thème. Cette édition anniversaire thématise la question du « racisme décomplexé » à travers plus de 100 événements à l’échelle du canton, depuis le 4 mars et jusqu’au 10 juin 2025. Conférences, débats, expositions, pièces de théâtre, micro-trottoir, chants, spectacles : tous les genres sont mobilisés pour donner un éclairage sur les discriminations dans nos sociétés et rappeler que les normes et les lois ne suffisent pas à éradiquer de tels phénomènes, mais qu’il s’agit d’œuvrer au quotidien avec conscience, conviction et objectivité.

Les assoociations et acteurs qui s’engagent contre les discriminations n’attendent pas la SACR pour agir. Ils trouvent néanmoins durant cette campagne différentes voies pour sensibiliser autour de cette réalité qui prend des formes diverses, parfois pernicieuses, surtout dans son fonctionnement systémique. La Ville de La Chaux-de-Fonds s’engage elle aussi depuis de nombreuses années en s’alliant, d’une part, à la SACR et en développant, d’autre part, des actions auprès de ses employé-e-s et de ses usager-ère-s pour continuer à être une administration exemplaire et ouverte à la diversité en affichant une tolérance zéro à l’égard des discriminations. Alors que cette édition se propose d’interroger le racisme décomplexé, il est temps de revisiter trois décennies d’actions et la complexité d’un phénomène qui requiert une veille de chaque instant.

Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale

Prochains événements à La Chaux-de-Fonds

– Vendredi 28 mars
18h00 – Musée d’histoire : Conférence d’Hélène Dumas, historienne, chargée de recherche au CNRS sur le thème Rwanda, 1994 : histoire d’un discours de haine en acte
20h00 – ABC : projection du film Didy de François-Xavier Destors.

– Samedi 29 mars
Association GEFEA : Discussion sur le Racisme au sein du foyer, tabou ou réalité ? Avec la population, sur la Place du marché.

– Samedi 5 avril
18h00 – Relais interculturel (Parc 75) – Association somalienne de développement durable : Débat avec différent-e-s intervenant-e-s sur le thème Racisme décomplexé, quelle réponse ?

– Du lundi 5 au vendredi 9 mai
Invitation à visiter l’exposition Ciao Italia au Lycée Blaise-Cendrars.

– Samedi 12 avril
17h30 – Maison du Peuple (petite salle) – Fédération africaine des Montagnes neuchâteloises : Table ronde sur le thème Médias et réseaux sociaux : répondre aux discours décomplexés.

– Mardi 29 avril
Club 44 : Conférence de François-Xavier Fauvelle, historien et archéologue, professeur au Collège de France sur le thème L’Afrique et le monde.

– Mardi 10 juin
Club 44 : Conférence d’Eric Fassin, professeur au Collège de France sur La violence des frontières.

Les trois Bibliothèques de la Ville proposent une sélection d’ouvrages en lien avec le racisme.

Programme complet sur www.ne.ch/sacr

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Société

Nouveaux aménagements du POD: Rappel des règles pour une meilleure cohabitation

Nouveaux aménagements du POD: Rappel des règles pour une meilleure cohabitation

Les nouveaux aménagements sur le POD distinguent désormais deux voies de circulation, la première est dédiée aux voitures et la seconde est un aménagement mixte où les bus et les cyclistes partagent le même espace. Aux endroits de resserrement où les deux voies sont appelées à se confondre, un dispositif de marquage de ligne blanche discontinue oblige la voiture à céder la priorité aux vélos/bus et une bande cyclable continue, jaune, est marquée. Ces nouveaux aménagements ne peuvent fonctionner que si les acteur-trice-s de la circulation respectent scrupuleusement les règles et les espaces qui leur sont réservés. Cela commence par une adaptation de la vitesse de la part des automobilistes et des conducteur-rice-s de bus qui doivent porter une attention particulière aux cyclistes qui ont désormais une place légitime sur le POD.

Service de l’urbanisme, des mobilités et de l’environnement
Février 2025

Photo : Aurore Sande

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Société

SEP: Le travail de l’ombre une nuit dans la peau d’un contremaître

SEp: Le travail de l’ombre une nuit dans la peau d’un contremaître

Des rues déneigées, une chaussée praticable, des trottoirs dégagés… Ce que découvre l’habitant-e chaux-de-fonnier-ère à son réveil le lendemain des grosses chutes de neige ne doit rien à un heureux hasard. En réalité, ce qui nous semble normal serait impossible sans le travail considérable effectué en amont par les équipes du Service des espaces publics (SEP). D’heure en heure, partageons la matinée de travail d’un contremaître en charge du déneigement de la Ville.

2h00 – Le réveil sonne! Le contremaître de piquet jette un coup d’œil par la fenêtre. La neige recouvre la route, signe que du travail attend les équipes des espaces publics. En chemin pour le dépôt de la voirie, il contacte son binôme du jour pour qu’il l’y rejoigne. La veille, le chef mécanicien avait annoncé deux véhicules en panne : un tracteur et une fraiseuse. Il va devoir organiser un remplacement de leur tournée.

2h45 – Arrivée au dépôt. La chargeuse est déjà en train de déblayer le parking. Direction la planche, sorte de station météo maison, et mesure de la hauteur de la neige : 14 cm de neige poudreuse. Ce sera donc une « alarme 40 », l’alerte neige la plus importante. Un appel téléphonique est passé pour commander plusieurs camions privés pour l’évacuation de la neige dans les rues étroites.

3h00 – L’alarme est déclenchée. Un dispositif informatique appelle simultanément 130 numéros du personnel communal et des partenaires privés. Les feux du POD sont mis au clignotant et l’éclairage public remis en route. La répartition des tâches au sein du binôme est déjà convenue : le premier contremaître s’occupera des véhicules et le second du personnel « à pied ». Avant que les personnes ne commencent à arriver, un appel supplémentaire est effectué auprès de prestataires privés pour le déneigement des carrefours et secteurs externalisés, tels que le parking de l’Hôpital, la place de la Carmagnole, etc.

Texte : Bekir Omerovic, voyer-chef du Service des espaces publics Photos : Ilinka Guyot et Bekir Omerovic.

3h20 – Le dépôt fourmille de monde, les employé-e-s sont informé-e-s du type d’alerte, la « 40 ». Chacun-e connaît sa mission. Le remplacement des véhicules en panne est organisé. En ce mercredi, jour de marché, la place du Marché devra être déneigée pour 5h00; avant l’arrivée des maraîchers.

Un appel téléphonique signale qu’un employé est malade. L’équipe en place devra pallier cette absence. « Les neigeux », des personnes sans emploi ou réfugiées, payées à l’heure, arrivent à leur tour. Avant le départ sur le terrain, sandwiches et café sont offerts. Le dépôt commence à se vider.

3h30 – La Sécurité publique, appelée en renfort pour la gestion du stationnement relatif aux mesures hivernales, arrive. Les priorités sont définies et les numéros de téléphone transmis afin de pouvoir rester en contact.

3h40 – Un des contremaîtres se rend au garage pour s’assurer qu’il ne reste plus de véhicules hivernaux. Ceci permet de vérifier que l’ensemble du personnel a pu se présenter. Un récapitulatif des tâches est effectué.


4h00 – Sur le terrain, un des deux contremaitres fait un tour des endroits stratégiques pour vérifier la bonne marche des opérations. Le second, depuis le dépôt, s’occupe d’alerter les équipes en charge du déneigement des passages qui ne peuvent l’être par les véhicules motorisés – dont les 66 escaliers et passages que compte la ville – ainsi que les accès aux conteneurs pour les ordures ménagères.

5h10 – Les quatre chasse-neige sont prêts à intervenir sur le POD. Cela doit impérativement être fait avant l’entrée en service des bus, à 5h30. Après le passage des chasse-neige, les chargeuses prennent les carrefours d’assaut pour enlever les andains formés par le passage des camions et pouvant gêner la circulation.

5h30 – La ville se réveille petit à petit et la densité de trafic augmente. Plusieurs camions et semi-remorques sont déjà en train de livrer les commerces. Une vérification de la décharge à neige en face du Stand de tir est effectuée. Le bulldozer est déjà en action sur la « montagne de neige » sur laquelle les camions, privés et communaux, se succèdent.

6h45 – Les collègues contremaîtres qui ne sont pas de piquet cette semaine arrivent. Un rapide rapport de l’action du jour est effectué. Ils organisent la suite de la journée sans oublier les autres tâches, telles que la collecte des déchets, la gestion de manifestations, etc.
La journée du mercredi est également dédiée au ramassage du carton. Avec la neige, les cartons sont bien plus lourds. L’ensemble du personnel s’occupant du déneigement, il est impossible de renforcer les équipes en charge du ramassage.
Toute la journée le téléphone sonnera, et les contremaîtres répondront aux demandes et orienteront les équipes sur le terrain. Ce n’est pas loin de 180 personnes qui travaillent au déneigement. Il y a des défis, des imprévus, des moments difficiles, mais au-delà des efforts, il y a la satisfaction de contribuer au bien-être de la collectivité.

Le déneigement en quelques chiffres
Période du 22.12.2024 au 05.01.2025
Sel : 462 tonnes
Gravier : 370 tonnes (268 m3)
Copeaux : 59 tonnes (150 m3)
Hauteur de neige cumulée : 71 cm
Hauteur de neige cumulée du 22.12.24 à 10h20 au 24.12.24 à 03h00 : 50 cm
Nombre d’heures de travail au service hivernal : 5’373 heures
Coûts estimés (salaires, frais et prestations externes) : plus de CHF 1 million
Routes déneigées : 230 km, dont 57 km de routes principales (noires),
48 km de routes secondaires (blanches) et 125 km de routes aux environs
Trottoirs déneigés : 118 km
Escaliers et passages déneigés à la main : 66