Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

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Tissages du monde

Tissages du monde

Le projet « Tissages du monde » met en lumière la richesse culturelle locale à travers une initiative à la fois artistique et humaine. Porté par le Service de l’intégration et de la cohésion sociale, en collaboration avec le secteur mode du pôle Arts Appliqués du CPNE ainsi que cinq communautés établies dans notre ville, cet événement propose une approche originale mêlant traditions et créations contemporaines.

Les étudiant-e-s de 1ère, 2e et 3e année de la filière mode ont été invité-e-s à concevoir des vêtements actuels inspirés d’habits traditionnels. Ce travail de réinterprétation témoigne d’un dialogue vivant entre les cultures, valorisant à la fois les savoir-faire ancestraux – parfois lointains – et la créativité des jeunes créatrices et créateurs.

Un grand défilé, organisé le 13 juin prochain, permettra de mêler art et traditions. Les communautés tamile, ukrainienne, portugaise, africaines et albanaise seront à l’honneur : elles proposeront une immersion dans leurs cultures à travers la gastronomie, l’art et l’artisanat, et participeront activement à l’événement.

Ce projet illustre l’importance de créer des espaces de rencontre pour mieux se connaître, reconnaître la diversité et en faire une richesse partagée. Il se veut être une contribution au vivre-ensemble en mettant en avant la mixité et l’interpénétration des cultures, d’où naissent des formes nouvelles de création, de pratiques et de liens sociaux, riches d’ici et d’ailleurs.

Le public est chaleureusement invité à venir découvrir ces univers le 13 juin prochain, soutenir le travail des étudiant-e-s et vivre la diversité qui fait la richesse de notre ville.

Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

la rue du Cours-Supérieur

la rue du Cours-Supérieur

Située au-dessus du collège Numa-Droz, reliant la rue du Progrès à la rue Alexis-Marie-Piaget, la rue du Cours-Supérieur fait référence à l’enseignement donné à l’École d’art par Charles L’Eplattenier entre 1905 et 1914.

Engagé en tant que professeur de composition décorative, Charles L’Eplattenier ouvre, en octobre 1905, le Cours supérieur d’art et de décoration. Cette offre est destinée aux élèves souhaitant développer leurs compétences dans les arts décoratifs. Parmi eux figurent plusieurs femmes, telles que Jeanne Perrochet, Henriette Grandjean ou Marie-Louise Goering. Elles y côtoient Léon Perrin, Charles Humbert ou Charles-Edouard Jeanneret, futur Le Corbusier.

Sous la houlette de leur enseignant et dans la ligne de l’Art nouveau, les élèves observent la nature et développent un langage décoratif ornemental basé sur la nature jurassienne qui deviendra le Style sapin. Ces jeunes artistes réalisent également plusieurs commandes privées comme la Villa Fallet, le Salon Spillmann ou encore le Salon de musique de l’intérieur Mathey-Doret, malheureusement disparu.

En janvier 1912, Charles L’Eplattenier transforme le Cours supérieur d’art et de décoration en Nouvelle section du Cours supérieur d’art et de décoration et engage trois de ses anciens élèves, Charles-Edouard Jeanneret, Charles Humbert et Léon Perrin, comme assistants. Cette Nouvelle section fermera deux ans plus tard, suite à la démission de Charles L’Eplattenier.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photo : Julie Babey

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Parc des Crêtets : un témoin de la Belle Époque pour une ère nouvelle

Parc des Crêtets : un témoin de la Belle Époque pour une ère nouvelle

Une nouvelle vie se profile pour le parc des Crêtets. Son projet de réaménagement a été présenté lundi 20 avril à la population, dans une aula du collège des Gentianes pleine à craquer, symbole de l’attachement des Chaux-de-Fonnier-ère-s pour cet espace vert majeur. « Les travaux seront lancés durant le mois de juin pour une fin estimée en 2027 », a annoncé en guise d’introduction Ilinka Guyot conseillère communale en charge des Espaces publics. Le coût total de ce projet est estimé à 7,6 millions, et sera financé par 2,5 millions de dons, issus notamment du grand élan de solidarité qui avait émergé après la tempête du 24 juillet 2023. Durant les travaux, le parc restera fermé au public. Seule la zone piétonne, située sur la rue du Commerce, restera accessible.

Le projet prend en compte l’héritage du passé et les défis, notamment climatiques, de l’avenir. « Il y a une importance de préserver le patrimoine de ce parc, respecter l’existant qui avait été créé par Charles Mattern début 1900. Toutefois, un parc en 2026 ne se travaille plus comme au début du XXe siècle. Nous devons tenir compte des demandes diverses issues autant de la population que des acteurs de l’environnement, notamment. », explique Edgar Ramel, architecte paysagiste au Service des Espaces publics.

Trois zones complémentaires
Le nouveau parc a été imaginé en trois zones. À l’est, c’est l’ombre et la fraîcheur qui seront privilégiées, avec la remise en eau de la cascade de la grotte. Les eaux de ruissellement seront valorisées dans l’ancien ruisseau, autour duquel une zone humide propice à la biodiversité sera aménagée. Le petit kiosque de repos sera reconstruit à l’identique, en réutilisant certains éléments. Au centre du parc, une zone panoramique sera créée avec vue sur les quartiers nord. L’esplanade du kiosque à musique sera aplanie afin de faciliter la tenue de manifestations, tandis que la rocaille sera travaillée en gradins pour accueillir les spectateur-trice-s. En contrebas de l’esplanade du pavillon de musique, une nouvelle cascade se jettera dans le bassin historique situé au bord de la rue du Commerce.

Enfin à l’ouest, c’est une zone de détente avec pelouses et davantage de soleil qui est prévue, avec rénovation de la petite place de jeux.

Alors que plus de 80% de la canopée a été dévastée par la tempête, une large réflexion est en cours pour le reboisement du parc, en intégrant de nouvelles espèces résistantes au changement climatique. Au total, 166 arbres seront replantés sur le site, dont certains arbres majeurs qui marqueront sur le long terme le paysage et l’ambiance du parc.

Léonard Reichen, rédacteur
Photo : Patrick Guerne

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Afficher la migration : regards croisés sur une histoire européenne

Afficher la migration : regards croisés sur une histoire européenne

À La Chaux-de-Fonds, l’exposition « Afficher la migration » propose de retracer l’histoire des migrations en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Organisée dans le cadre de la Semaine neuchâteloise d’actions contre le racisme, elle a été réalisée grâce à la Fondation Jean Monnet pour l’Europe.

À travers des documents d’archives et une riche collection d’affiches, le public est invité à explorer un phénomène au cœur de la construction européenne. De l’après-guerre marqué par les déplacements massifs de populations aux besoins en main-d’œuvre des Trente Glorieuses, jusqu’à la mise en place progressive de la libre circulation, l’exposition met en lumière les multiples visages de la migration et leurs évolutions dans le temps.

Au-delà des politiques, ce sont surtout les regards portés sur les personnes migrantes qui interpellent. Entre élans de solidarité, mobilisations citoyennes, débats publics et tensions politiques, cette exposition offre une lecture nuancée et accessible d’un enjeu toujours brûlant, au cœur de nos sociétés contemporaines, invitant chacune et chacun à porter un regard critique et informé sur ces réalités.

Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale

Exposition sur la rue du Marché du 4 mai au 1er juin 2026

Vernissage : jeudi 7 mai, place Espacité
• 18h : partie officielle en présence de Théo Bregnard, conseiller communal, Sandrine Keriakos Bugada, déléguée à l’intégration et à la cohésion sociale de la Ville de La Chaux-de-Fonds, Grégory Jaquet, délégué aux étrangères et aux étrangers du canton de Neuchâtel et Boris Bruckler, commissaire de l’exposition
• 18h15 : apéritif offert par la Ville
Cette exposition est proposée dans le cadre de la Semaine neuchâteloise d’action contre le racisme 2026, coordonnée par le Forum Tous Différents Tous Egaux, en collaboration avec les Services de la cohésion sociale des Villes de La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel ainsi que le Service de la cohésion multiculturelle de l’État de Neuchâtel.

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

1, 2, 3, nous irons au Bois

1, 2, 3, nous irons au Bois

La place du Bois, sur laquelle se tient chaque année l’imposant marché aux puces de la Fête de mai, doit son nom à un autre marché, celui des combustibles. Cette large place accueillait jusque dans les années 1950 le marché du bois et de la tourbe. En son centre, une fontaine munie de 5 lanternes, alimentée à l’origine par le gaz, est installée en 1880.

L’ensemble de ce quartier se développe dès les années 1860, selon un plan orthogonal qui comporte très peu de jardins. Situé dans un creux, ce quartier ne bénéficie pas du même ensoleillement que la partie est de la ville, de l’autre côté de la rue du Versoix. Les noms des rues alentour font référence à une ancienne zone humide. Ainsi, la rue du Marais et la rue des Terreaux se trouvent à proximité de la rue des Sagnes, terme régional pour désigner un marécage. Mais la rue du Soleil n’est pas bien loin !

Cette place, déjà présente sur le plan de 1856, portait alors le nom de Place du Sentier. La lecture des archives montre que la place garde ce nom durant près d’un siècle puis change progressivement pour s’appeler la place du Bois. Les deux noms co-existent sur les plans entre 1950 et la fin des années 1970. C’est finalement au moment où le marché du bois et de la tourbe disparaît que sa fonction première est gardée en mémoire par un changement de nom qui semble se faire naturellement.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation
du patrimoine
Photo : Alyssa Arricale

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Patrimoine

chemin des Kikajons

chemin des Kikajons

Dans plusieurs jardins privés chaux-de-fonniers se nichent des petits cabanons communément appelés des kikajons. Ce terme arrive très probablement dans le parler local à travers la traduction de la Bible menée par le théologien neuchâtelois Jean-Frederic Osterwald au XVIIIe siècle. Le mot hébreux kikajon apparait dans le livre de Jonas mais n’est pas traduit par l’auteur qui précise dans une note qu’il s’agit d’une plante à croissance rapide donnant facilement de l’ombre. Il pourrait s’agir du ricin. Par extension, cette plante couvrante évoque un abri. Le terme kikajon semble rapidement intégré, car il est mentionné dans le Dictionnaire du parler neuchâtelois en tant que « pavillon, kiosque ou tonnelle de jardin ».

Beaucoup de ces cabanons de jardin sont encore en place et, pour la plupart, restaurés. Généralement en bois et d’une architecture élégante, certains accueillent des outils de jardin alors que d’autres permettent à plusieurs personnes de s’y installer pour un moment de convivialité.
En 1996, la commission de toponymie propose au Conseil communal de nommer rue des Kikajons la partie supérieure de la rue Moïse-Perret-Gentil qui s’appelait alors rue des Arbres. Cette portion borde une parcelle de jardins communaux qui ont vu pousser, de manière plus ou moins ordonnée et légale, nombre de petits cabanons, héritiers des kikajons du début du XXe siècle.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photos : Alyssa Arricale

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Culture Patrimoine

Louis Chevrolet : modèle parfait du mythe américain

Louis Chevrolet : modèle parfait du mythe américain

Au premier plan, Louis Chevrolet. Photo : Bibliothèque nationale de France - Novembre 1920

Le Parc de l’Ouest, où trône la statue en hommage à Louis Chevrolet, me rappelle Daniel, un camarade de classe, et des voisins d’autrefois. Je devais être en quatrième primaire. L’instituteur nous avait demandé de penser à un sujet pour « une conférence ». Daniel proposa de nous raconter la vie de Louis Chevrolet, un aventurier et constructeur d’automobiles né à La Chaux-de-Fonds à la fin du 19e siècle. Je n’en avais jamais entendu parler, en revanche je connaissais la marque de voitures. Elles exerçaient une incroyable fascination chez mon père. Il est vrai que les deux Chevrolet métallisées de nos voisins, des Impalas du début des années 1960, m’émerveillaient aussi. L’une était bleue et l’autre brune.

Je préférais la brune à cause des paillettes de la carrosserie. Elles me rappelaient les flacons des crèmes solaires et les après-midis à la piscine. Les propriétaires des véhicules habitaient dans l’immeuble jouxtant le nôtre. Ils les parquaient devant leur entrée. A l’époque, il y avait peu de voitures. Les grosses cylindrées se garaient facilement, et gratuitement, devant la maison. Les enfants, nous jouions en courant partout sur la route et les trottoirs. Par beau temps, notre vitalité atteignait son paroxysme. Alors père et fils, des immigrés italiens qui investissaient probablement tout leur salaire dans leur passion, s’adossaient chacun sur une carrosserie pour s’assurer que l’on n’y toucherait pas. 

Arriva le jour de la conférence de Daniel. Pour moi, ces « grosses américaines » servaient à promener des stars dans les films et à titiller les fantasmes des habitant-e-s du quartier. Je n’imaginais pas qu’elles portaient le nom d’un célèbre coureur automobile, un inventeur qui avait vu le jour à la rue du Grenier 22, là où à présent s’élève une tour. Un homme que la soif de vitesse et de modernité avait mené de nos montagnes à Détroit, en passant par Paris et New York.

 

Dunia Miralles, autrice de l’emblématique Swiss trash, revient sur son rapport avec une figure historique qui a contribué au rayonnement de notre ville : Louis Chevrolet. L’écrivaine chaux-de-fonnière nous en apprend un peu plus sur l’aura du pilote de course et inventeur de la marque automobile éponyme.

Vue de la statue en hommage à Louis Chevrolet du Parc de l'Ouest. Photo : Christophe Schindler

Qu’un Chauxois soit devenu un mythe d’outre-Atlantique, m’ébahissait. Son périple est également relaté dans le livre de Michel Layaz : Les vies de Chevrolet, paru aux Éditions Zoé. L’ouvrage nous emmène dans le rêve américain, du temps où l’Amérique faisait encore rêver, comme elle faisait rêver les immigrés italiens, mon père ou les enfants du baby-boom. Je vais quand même divulgâcher la fin : malgré la grandeur et l’abondance que Chevrolet représente, Louis est mort pauvre, pendant que l’entreprise étasunienne qui avait racheté ses brevets s’enrichissait. Son cœur de Montagnard était probablement resté trop pur pour devenir riche.

Dunia Miralles, écrivaine chaux-de-fonnière

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Divers Loisirs Patrimoine Société

Musique d’harmonie Les Armes-Réunies de La Chaux-de-Fonds

Musique d’harmonie Les Armes-Réunies de La Chaux-de-Fonds

Photo : Armes-Réunies

Fondée en 1828, la Musique d’harmonie Les Armes-Réunies est la société de musique la plus ancienne de la République et du Canton de Neuchâtel. Elle compte actuellement 55 membres actif-ve-s, et livre habituellement deux concerts par année. Entre ces deux prestations, elle va à la rencontre de la population à travers divers événements.

Pour 2026, plusieurs projets sont en cours. Tout d’abord, la confection de nouveaux uniformes. Grâce aux économies de la société et à différentes aides institutionnelles, une partie pourra être financée, mais il manque encore quelques milliers de francs. Un financement participatif est en cours jusqu’au 31 janvier, mais les dons sont aussi possibles après cette date. Le soutien du plus grand nombre est bien sûr vivement souhaité.

Dans l’agenda figure également une date à retenir : le 21 mars 2026. Une soirée spéciale est prévue, dans la grande salle de Notre-Dame-de-la-Paix. Une belle opportunité de fêter la Saint-Patrick ! La société proposera de la musique irlandaise, avec la présence du groupe folk celtique Delienn, qui marquera l’événement par sa présence. Des cornemuses du Neuchâtel Celtic Pipe Band seront aussi de la partie.

Le printemps sera ensuite l’occasion de se préparer à l’une des dates les plus importantes de l’année : la Fête fédérale de musique de Bienne, qui aura lieu du 14 au 17 mai.

Pour terminer, signalons qu’en 2028 la Musique d’harmonie Les Armes-Réunies de La Chaux-de-Fonds fêtera ses 200 ans. Le collectif musical se réjouit d’ores et déjà de partager cette année spéciale avec la population à travers une belle variété d’événements festifs.

Christophe Bolle, président de la Musique d’harmonie Les Armes-Réunies
Photo, Musique d’harmonie Les Armes-Réunies

Site internet :
harmonie-armes-reunies.ch
Finacement participatif :
www.lokalhelden.ch/fr/nouveaux-uniformes-1
Financement par IBAN :
CH65 0076 6000 C006 7164 2
Musique d’harmonie Les Armes-Réunies, rue de la Paix 25, 2300 La Chaux-de-Fonds. Avec la mention « Nouveaux uniformes »

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Toutes les olives ne se ressemblent pas

Toutes les olives ne se ressemblent pas

En haut de la rue du Grenier, en face de la rue de la République, s’ouvre la rue des Olives. Mais aucune huilerie dans les alentours. Une olive était le nom donné dans le parler neuchâtelois à une primevère jaune ou à une jonquille. La ferme située tout au bout de la rue du Grenier porte d’ailleurs le nom de « Creux des Olives ».

Cette rue borde par le sud le vaste quartier des « Allées », qui se développe au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le plan de 1908 montre que tout ce quartier était initialement prévu selon un plan orthogonal, comme le reste de la ville. Sur celui de 1926, les rues parallèles ont disparu et un tracé diagonal relie à travers champs la ville à la ferme du Couvent, aujourd’hui disparue. Cette allée était alors bordée d’arbres et portait déjà le nom de chemin du Couvent. Nous pouvons constater qu’un pont était projeté pour relier l’extrémité est de la rue des Olives à la rue du Docteur-Kern.
Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour voir ce quartier se développer selon un nouveau plan d’urbanisme qui privilégie l’habitat individuel. Le 25 septembre 1947, L’Impartial détaille ce projet, porté par l’Association du « Coin de terre » neuchâtelois qui vise à construire des maisons familiales à prix accessible. Une quarantaine de maisons avec jardins sont construites par l’architecte Albert Wyss. Les olives ont fait place à l’habitat, mais réapparaissent chaque printemps dans les jardins familiaux.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photos : Julie Babey

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La ville racontée à travers ses rues Patrimoine

On y fabriquait des tuiles

On y fabriquait des tuiles

L’actuelle rue de la Tuilerie apparaît pour la première fois sur le plan de ville de 1898. Cependant, une rue de la Tuilerie était déjà mentionnée sur le plan de 1841. Elle était alors prévue entre la rue des Terreaux et la rue des Fleurs. Cette rue ne verra jamais le jour et le toponyme est réutilisé à la fin du XIXe siècle pour nommer une rue à venir dans le quartier au sud de l’hôpital. Les premières maisons, aux numéros 30, 32 et 42, sont construites dans les premières années du XXe siècle. La présence d’une rue de la Tuilerie au nord-est de la ville, dans le quartier de la Charrière, laisse penser qu’une fabrique de tuiles se trouvait à cet endroit. Selon l’historien Charles Thomann, le nom viendrait plutôt de la présence d’une vieille maison couleur tuile, ou recouverte de tuiles, ou encore d’une carrière permettant d’extraire l’argile ou la marne servant à la fabrication de tuiles ou de briques. 1 L’utilisation des tuiles en terre cuite devient systématique lors de la reconstruction suite à l’incendie de 1794, en remplacement des couvertures en bois par des bardeaux. Un règlement de police pour les nouvelles constructions ou les réparations des maisons à La Chaux-de-Fonds, dans le but de les préserver des accidents du feu, sanctionné par le Conseil d’État en 1795, impose notamment l’usage de la pierre et des tuiles en terre cuite dans les constructions.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine
Photos : Julie Babey

1 Charles Thomann, L’histoire de La Chaux-de-Fonds inscrite dans ses rues, Neuchâtel, édition du Griffon, 1965, p. 15.