Passer au contenu principal

Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

Catégories
La ville racontée à travers ses rues

La ville racontée à travers ses rues : Abraham-Robert

La ville racontée à travers ses rues : la rue Abraham Robert

Qui était Abraham Robert ? Il fut le premier maire de La Chaux-de-Fonds. C’était en 1656.

Les villages du Locle et de La Sagne avaient déjà obtenu leur autonomie et la communauté paysanne de La Chaux-de-Fonds réclamait la sienne. D’abord dépendant de Valangin, puis rattaché pendant 40 ans à la juridiction du Locle, le village fut érigé en mairie par Henri II d’Orléans-Longueville. Neuchâtel était alors une principauté gouvernée par cette famille française.

L’acte de fondation de la nouvelle mairie est signé à Rouen le 2 décembre 1656 et Abraham Robert fut nommé maire six jours plus tard. Les archives conservent précieusement cet acte de naissance du village. Le 12 janvier 1657, Abraham Robert prête serment devant 

le gouverneur de l’État de Neuchâtel, Jacques de Stavay-Mollondin, dont une rue du quartier de l’hôpital porte également le nom.

Dès lors, La Chaux-de-Fonds existe en tant qu’entité administrative et plus uniquement comme une communauté. Elle a son administration, son lieutenant de police, ses juges et son conseil de communauté. Le hameau compte alors 1000 âmes, réparties dans les onze quartiers que l’on retrouve dans les carreaux en bas des armoiries. Le plus peuplé était alors le Grand Quartier, autour de l’actuelle place de l’Hôtel-de-Ville, avec une vingtaine de maisons, l’église et le corps de garde.

Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine

Photos : Aline Henchoz

Catégories
La ville racontée à travers ses rues

La ville racontée à travers ses rues : Passage des Lundis Bleus

La ville racontée à travers ses rues : le passage des Lundis-Bleus

Niché entre l’avenue des Forges et la rue du Locle, le passage des Lundis-Bleus prolonge l’esplanade du Cadran. Mais pourquoi cet adjectif coloré vient-il s’accoler au premier jour de la semaine ?
La réponse se trouve dans l’histoire horlogère de La Chaux-de-Fonds. Une multitude de professions interviennent durant le processus de fabrication des montres. L’horloger seul n’est rien. Il a besoin des corps de métiers qui produisent les nombreuses pièces qu’il devra ensuite assembler pour donner vie à la montre. Les fabricants de boîtes tenaient une place de choix puisqu’ils fabriquaient le support dans lequel viendrait se loger le mécanisme. Ils étaient parfois appelés les Barons, car, du fait de leur nécessité, ils se permettaient certaines libertés.

Durant le 19 e siècle, aucune loi ne règlemente la durée du travail. De nombreux ouvriers liés à l’horlogerie travaillent jusqu’au samedi après-midi. En contrepartie, beaucoup d’entre eux, principalement les fabricants de boîtes de montre, récupéraient ce temps en faisant la fête le dimanche soir. Ils prenaient alors un «  lundi bleu  » en ne venant pas au travail le premier jour de la semaine. Cette pratique a disparu à partir de 1878 avec la mise en place de la loi fédérale sur le travail en fabrique. Votée de justesse en 1877, cette loi fixait la journée de travail à 11 heures. L’expression, elle, est restée.


Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine.
Photos : Aline Henchoz

Catégories
La ville racontée à travers ses rues

La ville racontée à travers ses rues : autour de la Boucle de Cydalise

La ville racontée à travers ses rues : autour de la Boucle de Cydalise

Photos : Aline Henchoz

La Chaux-de-Fonds doit son premier hôpital à deux femmes : Sophie Mairet et Cydalise Nicolet. Soucieuses de soigner les ouvriers victimes d’accidents, elles louent, en 1841, un petit appartement à la rue du Rocher. Le village compte alors près de 10’000 habitants et cette première « chambre de secours », financée par des dons, des collectes ou des loteries devient vite trop petite.

Les deux femmes achètent, en 1842, une maison à la rue de la Charrière et y installent onze lits. Elles rêvent de doter le village d’un véritable hôpital et adressent plusieurs demandes au roi, aux autorités et à la population, afin d’obtenir les fonds nécessaires à la construction d’un véritable hôpital. Elles créent alors un règlement et un comité.

Le premier hôpital ouvre ses portes en 1848, entre les anciennes rues de la Demoiselle et de la Grognerie (actuelles rues Numa-Droz et du Progrès). Mais ce sera sans Cydalise Nicolet ni Sophie Mairet, qui se brouillent avec le comité, exclusivement masculin, ce dernier estimant alors « qu’une œuvre aussi importante était un bien lourd fardeau pour deux dames ».

Devenant à son tour trop petit, ce premier hôpital est remplacé en 1898 par un nouveau bâtiment à la rue de Chasseral puis, en 1966, par un
hôpital moderne. 

Situées à proximité de l’hôpital, les rues Sophie Mairet et Cydalise Nicolet nous rappellent ces deux femmes persévérantes à qui La Chaux-de-Fonds doit beaucoup.

Sylvie Pipoz
Déléguée à la valorisation du patrimoine.

Catégories
La ville racontée à travers ses rues

La ville racontée à travers ses rues : la rue du Temple-Allemand

La ville racontée à travers ses rues : la rue du Temple-Allemand

Photos : Aline Henchoz

La Chaux-de-Fonds se raconte à travers ses noms de rues, de places ou de parcs. La toponymie, c’est-à-dire le nom donné aux lieux et l’étude de ces derniers, aide à comprendre la ville. Chaque mois, Le Tourbillon vous fait découvrir un aspect de l’histoire locale à partir de la toponymie.  

La rue du Temple-Allemand traverse la ville en damier d’est en ouest. Son nom est rattaché au temple situé au nord de la rue du Premier-Mars. Mais pourquoi allemand ? La réponse se situe dans la première moitié du 19e siècle. Vers 1830, La Chaux-de-Fonds manque de main-d’œuvre agricole car de nombreux paysans se déplacent en ville pour travailler dans l’horlogerie. Des ouvrier·e·s issus du canton de Berne, puis de toute la Suisse allemande, s’installent alors dans la région. De confession protestante et représentant jusqu’à 30 pourcent de la population, cette communauté a besoin d’un lieu de culte. Inauguré en 1853, le Temple Allemand répond à cette attente.

 

La présence germanophone est visible également dans certains noms de famille, dans l’inscription Bierhalle sur le café « Le Petit Paris » ou encore dans le nom originel du Centre de culture ABC. Ce dernier vient du nom d’une troupe de théâtre de langue allemande créée en 1967 : Amateure Bühne Chaux-de-Fonds (scène amateur La Chaux-de-Fonds). Le Centre de culture ABC exploite depuis 1989 le Temple Allemand, transformé en salle de spectacle. 

Sylvie Pipoz
Déléguée à la valorisation du patrimoine