L’hôpital de la rue Sophie-Mairet a connu plusieurs agrandissements. Il y a d’abord eu l’inauguration de l’hôpital des enfants, en 1915. En 1929, une importante étape de modernisation des infrastructures a été lancée : rénovation du service de chirurgie et les salles d’opération, agrandissement de la maternité, remplacement du chauffage central et construction d’un pavillon pour les diaconnesses. Ce sera la dernière modification importante apportée au bâtiment de la rue Sophie-Mairet avant que naisse le projet de nouvel hôpital de 1966.
L’inauguration du « Nouvel Hôpital » le 27 juin 1966 constitue probablement la transformation la plus importante de son histoire. Le projet, préparé dès le milieu des années 1950, répond à une explosion de l’activité hospitalière : entre 1936 et 1956, le nombre de patients a presque doublé. Les innovations sont considérables : capacité portée à 385 lits ; création de services spécialisés (radiologie, anesthésie-réanimation, physiothérapie, ORL, ophtalmologie, pédiatrie, gynécologie-obstétrique) ; mise en place d’un bloc opératoire moderne ; création d’une unité de soins intensifs de 8 lits ; centralisation du laboratoire, de la pharmacie et de la stérilisation ; équipement technique très avancé pour l’époque (oxygène centralisé, vide médical, groupe électrogène de secours, radiothérapie au cobalt, lits motorisés, télédistribution). L’établissement devient alors un véritable centre régional de soins aigus, dépassant largement la fonction d’hôpital communal qu’il occupait auparavant.
Comment imaginez vous l’hôpital de La Chaux-de-Fonds dans quarante ans, quand il fêtera son premier siècle ?
C’est difficile à dire, je n’ai pas de boule de cristal ! On devrait y voir beaucoup plus clair d’ici deux ans, quand seront prises les grandes options d’organisation du paysage hospitalier à l’horizon 2040. Notre conseil d’administration a transmis au Conseil d’Etat trois scénarios : le premier représente une forme de statut quo, avec le maintien de deux hôpitaux de soins aigus; le deuxième prévoit une centralisation de l’activité stationnaire sur le site de La Chaux-de-Fonds ou sur le site de Pourtalès, entraînant d’importants travaux ; le dernier centraliserait toutes les prestations hospitalières sur un seul site « de novo », dans un lieu qui reste à déterminer.
Ces options doivent être étudiées et affinées, en concertation avec le Département de la santé, de la jeunesse et des sports (DSJS). Mais une chose est certaine : la centralisation de certaines prestations hospitalières s’impose comme une réponse structurelle à la pénurie de ressources humaines et aux exigences croissantes en matière de qualité et de sécurité des soins.
A l’horizon 2026, j’imagine que l’Hôpital de la Chaux-de-Fonds pourrait évoluer vers un hub de santé intégré, combinant expertise hospitalière, télémédecine, téléconsultations à domicile, hospitalisation à domicile et suivi connecté des patients. Soutenu par l’intelligence artificielle, la robotique et la médecine personnalisée, il coordonnera un réseau de soins centré sur la prévention, les maladies chroniques et le vieillissement, tout en restant un acteur majeur de proximité et d’innovation pour les Montagnes neuchâteloises.
Propos recueillis par Jean Christophe Malou
Photo : Aline Henchoz