Les pavés de la mémoire dans nos rues
- octobre 29, 2026
- Les éditos, Patrimoine, Société
La Chaux-de-Fonds est la première ville de Romandie à accueillir dans son espace public des pavés de la mémoire, les Stolpersteine. Pour le Conseil communal, c’est non seulement un honneur, mais aussi un devoir de favoriser leur implantation. Ces pavés s’ancrent profondément dans les valeurs les plus fondamentales de notre cité : le rejet de la haine de l’autre et de la violence, le refus catégorique de l’ignominie; les corolaires sont l’ouverture à l’autre et au monde, le respect de l’altérité et une conception universalisante, sociale et humaniste de notre société. Ces pavés sont plantés ici dans un terreau fertile, dans une terre meuble et riche, leurs racines se développeront et les arbres qui pousseront donneront des fruits mûrs.
Les petits points désormais posés sur nos trottoirs, honorant la mémoire d’Ida Silberschmidt et d’André Weill, sont des points cardinaux qui définiront entre les murs de notre cité le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest.
Ces pavés s’ancrent profondément dans les valeurs les plus fondamentales de notre cité
Ils contribueront à consolider notre boussole morale à l’heure où les discours extrémistes et révisionnistes tendent à se normaliser, notamment dans les pays qui ont vu naître les pires exactions.
À l’heure où l’antisémitisme et toute autre forme de racisme, de ségrégation, de persécution et de barbarie progresse, trop souvent dans un climat de banalisation écœurant et dangereux, nous, communauté de la mémoire, avons de quoi être inquiets face à la négation absurde et aveugle de l’évidence et à la remise en cause des valeurs fondatrices de nos institutions démocratiques.
Aux côtés d’Ida Silberschmidt et d’André Weill, il y a dix-sept autres Chaux-de-Fonnières et Chaux-de-Fonniers déportés et pour la plupart tués dans les camps de concentration. Puissent-ils aussi un jour être honorés par un pavé de la mémoire. Si cela devait se faire, le Conseil communal serait bien sûr en appui à une telle démarche.
Pour conclure, le Conseil communal aimerait remercier toutes celles et tous ceux qui s’engagent pour que notre société n’oublie pas, n’oublie jamais. Parmi ces personnes, il y a notamment les membres de l’Association des Stolpersteine, ainsi que les historiens et historiennes, dont Messieurs Jakob Tanner et Marc Perrenoud qui ont participé aux recherches nécessaires. Inlassablement par leurs travaux, ils et elles établissent les faits qui nous permettent d’approcher la connaissance de la page la plus sombre de l’histoire de l’humanité; un souvenir digne et utile commence par là.
Le Conseil communal