En ce début d’année, les grandes puissances renouent avec des ambitions impérialistes qu’on croyait révolues. Elles redécouvrent le goût de l’Empire. Les cartes se tracent à nouveau à coups de menaces, d’invasions ou d’embargos. Elles déboulonnent ou cajolent des dictateur-trice-s selon qu’ils ou elles servent ou dérangent. Le droit international s’effrite, la morale chancelle, et l’équilibre du monde vacille sous le poids des ambitions expansionnistes à nouveau ouvertement avouées.
Pendant que ces mêmes grandes puissances s’enlisent dans leurs contradictions et que les tragédies nationales et internationales s’enchaînent, notre quotidien, lui, continue. À La Chaux-de-Fonds, il serait vain d’attendre que la tempête mondiale s’apaise avant d’avancer. Une ville qui cesse d’investir, c’est une ville qui s’éteint doucement. Cela passe par la volonté de construire l’avenir, de maintenir ses infrastructures, de défendre ses institutions. Le maintien d’un hôpital dans les Montagnes n’est pas qu’un symbole : c’est une nécessité sanitaire, sociale et économique. Les habitantes et les habitants doivent pouvoir compter sur des soins accessibles, sur un service de proximité et sur la force d’un ancrage régional fort. Renoncer à cette ambition serait une erreur stratégique, un aveu de résignation.
Et pendant que certaines et certains prêchent la rigueur comme vertu suprême, rappelons une vérité simple : couper dans le social, le sport ou la culture, c’est jouer les économes du court terme pour payer, demain, la facture du désastre. On économise sur le lien humain, sur la cohésion, sur la santé collective. Ce genre d’épargne finit toujours par coûter plus cher. Les chiffres de l’austérité ne remplacent jamais les réalités sociales qu’elle abîme.
C’est pourquoi il faut continuer à espérer des choix lucides et courageux. L’indexation des subventions au sport, à la culture et aux associations, longtemps évoquée, n’a pas encore vu le jour dans le budget 2026. Souhaitons qu’à l’avenir, elle devienne réalité, car la vie collective ne se résume pas à des bilans comptables : elle se mesure en rencontres, en projets partagés et en énergie citoyenne. Alors, malgré le tumulte du monde, continuons à faire vivre La Chaux-de-Fonds avec la même obstination qu’elle a toujours eue : celle de rester debout, fière et humaine.