Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds
La dernière séance du Conseil général a révélé une situation étonnante: le Conseil communal a accepté un amendement modifiant son propre projet, sans défendre les choix qui avaient conduit à la version initiale.
La rénovation de la cour du Collège de la Charrière comprenait également la rénovation d’un édicule technique destiné notamment à accueillir un transformateur exploité par Viteos, sans toutefois prévoir l’aménagement de toilettes. Difficile de croire que cette possibilité ait été oubliée dans le cadre du projet. Elle a vraisemblablement été étudiée, puis écartée pour des raisons pratiques et financières. Ces choix peuvent être contestés, mais ils méritent d’être expliqués.
Le PS a proposé d’ajouter des sanitaires, entraînant une hausse du crédit et des frais d’exploitation. Qu’un groupe défende cette proposition est légitime. Ce qui surprend, c’est que le Conseil communal l’ait acceptée sans expliquer son choix initial ni préciser les conséquences financières de cette modification. Comment évaluer une dépense supplémentaire si les coûts d’entretien ne peuvent même pas être estimés? Et sur quelle base le montant de l’amendement a-t-il été établi ?
Le problème n’est pas d’accepter un amendement, mais de le faire sans défendre le projet que l’on a soi-même élaboré. Un exécutif doit assumer ses choix et en présenter les raisons, surtout lorsque des dépenses publiques supplémentaires sont en jeu. Le Conseil général doit pouvoir se prononcer sur la base d’informations claires et complètes. Sans explication des choix initiaux ni évaluation des conséquences financières, le débat perd en substance et le contrôle démocratique de l’exécutif en ressort affaibli.
La situation est paradoxale : le PLR-Le Centre et l’UDC se retrouvent à défendre le projet initial du Conseil communal contre le Conseil communal lui-même. Cela ne signifie pas que les toilettes sont inutiles, mais qu’une dépense supplémentaire doit être justifiée et évaluée dans la durée.
Le crédit a finalement été accepté avec l’amendement. Les usager-ère-s disposeront de sanitaires, mais une question demeure : à quoi sert le travail préparatoire du Conseil communal s’il ne défend pas ses choix lorsqu’ils sont remis en question ? La responsabilité politique exige cohérence, transparence et gestion rigoureuse de l’argent public.
Pour le groupe PLR-Le Centre,
Jonathan Marty, conseiller général suppléant




