Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

Mademoiselle O : quand la quête du beau épouse la quête de sens

Guidés par une passion précoce, certains parcours professionnels laissent peu de place au hasard. C’est le cas chez Olivia Jeanrenaud, fondatrice de la bijouterie artisanale Mademoiselle O, qui, à l’âge de huit ans, créait déjà ses propres bijoux. Six ans plus tard, elle intègre l’École d’Art de La Chaux-de-Fonds pour suivre une formation en bijouterie-joaillerie, avant de se tourner vers l’horlogerie de luxe. Une expérience qui lui fournira les outils nécessaires pour se lancer en tant qu’indépendante.

Animée par la volonté d’intégrer une forte dimension humaine dans sa production, Mademoiselle O ouvre l’atelier-boutique en 2017. L’aspect ne prime jamais le sens : « Il n’y a rien d’ostentatoire dans mes créations. J’aime les bijoux qui racontent quelque chose sans avoir besoin de discours, des pièces discrètes, mais habitées, chargées de sens ».

Une philosophie qui explique l’attachement de la créatrice à l’écoresponsabilité. Elle recycle ses métaux, utilise de l’or traçable et mise sur la durée de vie du produit, autant que sur sa durabilité. Cela participe au lien de confiance créé avec la clientèle. Pour elle, le bijou est un prolongement de la personne qui la porte. Son objectif ? Aller au-delà de la simple personnalisation, pour adopter la singularisation : « Pour l’avenir de Mademoiselle O, j’ai envie de continuer à monter en gamme dans l’ultra-sur-mesure. De créer moins, mais mieux, et de préserver cette relation privilégiée avec mes client-e-s ».

Ses créations, comme chez tout artiste, sont façonnées par le vécu. L’on songe à La pilule du J’m’en fout, un bijou inspiré d’un épisode difficile de la vie d’Olivia. En 2024, elle souffre d’un épuisement mental qui affecte tout son être. Un mal dont on parle peu, mais qui est récurrent chez les artistes et les artisan-e-s indépendant-e-s. Sans le soutien de ses proches, l’atelier du 10 rue de la Balance ne serait plus qu’un vieux souvenir. Après ce type d’expérience, on apprend à relativiser face aux épreuves, d’où le nom du bijou.

Fidèle à l’idée de partage, fil conducteur de son travail, l’artisane ouvre les portes de son atelier chaque dernier vendredi du mois. Le public est convié à un moment privilégié en compagnie d’un-e invité-e : artiste, artisan-e, ou autre esprit créatif. Les cinq prochains événements auront lieu les 27 février, 27 mars, 24 avril, 29 mai et 26 juin.

Jean Christophe Malou, rédacteur
Photos : Julie Babey

www.mademoiselle-o.ch
076 394 43 49
info@mademoiselle-o.ch

10 rue de la Balance
Ouvert uniquement sur rendez-vous