Le 19 septembre, la HandelsZeitung publiait une étude, menée par le consultant immobilier IAZI AG, classant les communes où l’on vit le mieux. Sans surprise, la commune de La Chaux-de-Fonds se situe dans les bas-fonds du classement. Il est intéressant de se pencher sur cette tradition biennale et notamment sur quelques critères pris en compte.
Evidemment, la fiscalité y est un critère prédominant. Encore et toujours. La recette du bonheur résiderait donc dans le fait de donner le moins possible d’argent à sa commune, mais plutôt au propriétaire de son logement. La preuve avec la ville de Meggen (LU), gagnante du concours grâce notamment à sa fiscalité avantageuse, où la majorité des 3.5 pièces ne se négocient pas en dessous de 2’300.-/mois. Rappelons que l’étude est menée par un acteur zurichois de l’immobilier…
Autre constat : ne pas vivre à côté d’un lac est rédhibitoire. Critère pour le moins subjectif quand on connaît le bonheur de vivre à côté d’une rivière, comme les habitantes et habitants du Val-de-Travers, pire commune de Suisse d’après ledit classement.
Le critère des transports pèse également dans la balance. En journée, à La Chaux-de-Fonds, nous pouvons rejoindre la majeure partie des quartiers de la ville toutes les 10 minutes, ce qui paraît plutôt confortable. Où donc avons-nous perdu des points en termes de transports ? Est-ce en lien avec la congestion du trafic automobile en ville et la trop grande part de circulation interne ?
Cette étude paraît pour le moins lacunaire et orientée. Ce genre d’exercice devrait être réalisé de concert avec la population, qui vit au quotidien les plus-values d’une commune, certainement invisibles du haut d’une tour d’ivoire au bord du Lac de Zürich. Les résultats auraient l’avantage de refléter une réalité de terrain.
En tant qu’organe politique, nous devons nous distancier de ce genre d’étude et travailler à améliorer la vie des citoyennes et citoyens, sans se calquer sur un modèle imposé par une étude hors-sol.
Nous devons également réfléchir à ce que nous souhaitons pour notre ville, dans le respect de son ADN et surtout de sa population. Pour le groupe POP, La Chaux-de-Fonds doit continuer à être cette ville ouvrière, sociale et multiculturelle et non pas devenir un paradis fiscal pour les plus nantis.