En haut de la rue du Grenier, en face de la rue de la République, s’ouvre la rue des Olives. Mais aucune huilerie dans les alentours. Une olive était le nom donné dans le parler neuchâtelois à une primevère jaune ou à une jonquille. La ferme située tout au bout de la rue du Grenier porte d’ailleurs le nom de « Creux des Olives ».
Cette rue borde par le sud le vaste quartier des « Allées », qui se développe au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le plan de 1908 montre que tout ce quartier était initialement prévu selon un plan orthogonal, comme le reste de la ville. Sur celui de 1926, les rues parallèles ont disparu et un tracé diagonal relie à travers champs la ville à la ferme du Couvent, aujourd’hui disparue. Cette allée était alors bordée d’arbres et portait déjà le nom de chemin du Couvent. Nous pouvons constater qu’un pont était projeté pour relier l’extrémité est de la rue des Olives à la rue du Docteur-Kern. Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour voir ce quartier se développer selon un nouveau plan d’urbanisme qui privilégie l’habitat individuel. Le 25 septembre 1947, L’Impartial détaille ce projet, porté par l’Association du « Coin de terre » neuchâtelois qui vise à construire des maisons familiales à prix accessible. Une quarantaine de maisons avec jardins sont construites par l’architecte Albert Wyss. Les olives ont fait place à l’habitat, mais réapparaissent chaque printemps dans les jardins familiaux.
Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine Photos : Julie Babey