La place du Bois, sur laquelle se tient chaque année l’imposant marché aux puces de la Fête de mai, doit son nom à un autre marché, celui des combustibles. Cette large place accueillait jusque dans les années 1950 le marché du bois et de la tourbe. En son centre, une fontaine munie de 5 lanternes, alimentée à l’origine par le gaz, est installée en 1880.
L’ensemble de ce quartier se développe dès les années 1860, selon un plan orthogonal qui comporte très peu de jardins. Situé dans un creux, ce quartier ne bénéficie pas du même ensoleillement que la partie est de la ville, de l’autre côté de la rue du Versoix. Les noms des rues alentour font référence à une ancienne zone humide. Ainsi, la rue du Marais et la rue des Terreaux se trouvent à proximité de la rue des Sagnes, terme régional pour désigner un marécage. Mais la rue du Soleil n’est pas bien loin !
Cette place, déjà présente sur le plan de 1856, portait alors le nom de Place du Sentier. La lecture des archives montre que la place garde ce nom durant près d’un siècle puis change progressivement pour s’appeler la place du Bois. Les deux noms co-existent sur les plans entre 1950 et la fin des années 1970. C’est finalement au moment où le marché du bois et de la tourbe disparaît que sa fonction première est gardée en mémoire par un changement de nom qui semble se faire naturellement.
Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine Photo : Alyssa Arricale