Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds
Depuis janvier, Laurence Perez est la nouvelle directrice de lcdf27. Elle commence sur les chapeaux de roues, prête à mener à bien toute la programmation. Rencontre.
Qui êtes-vous en quelques mots ?
Je suis originaire de France et travaille en Suisse depuis 10 ans. J’ai fait des études de sciences politiques et de communication. À 21 ans, j’ai suivi mon amoureux à Paris et cette décision a bouleversé ma vie. Dans son école de cinéma, je suis tombée sur une offre de stage dans un théâtre. Je venais de la campagne, n’avais jusqu’ici vu que deux pièces, mais j’ai osé postuler. Bien m’en a pris : j’ai été retenue et suis tombée, comme Obélix, dans la potion magique. Celle de la culture ! Je suis aujourd’hui programmatrice : je choisis des projets artistiques pour les partager avec le plus grand nombre. Je suis donc aussi attentive à la qualité et à l’audace des propositions qu’à leur façon de prendre en considération le public. Je n’oublie pas d’où je viens.
Quelle est votre approche pour la direction artistique de lcdf27 ?
Ménager une multitude de portes d’entrée dans la programmation. Je me demande toujours à quel spectacle ma mère pourrait assister. Je n’aime pas les œuvres qui nécessitent un prérequis.
La culture dans les Montagnes neuchâteloises en un mot ?
Foisonnante et étonnante, dans tous les domaines de la création. Au sein des institutions comme sur la scène alternative.
Un souvenir culturel marquant de La Chaux-de-Fonds ?
Ma stupéfaction quand j’ai découvert, lors de ma première venue à l’excellent festival de la Plage des Six Pompes, qu’il n’y avait pas de plage à La Chaux-de-Fonds ! J’en ris encore. J’aime l’esprit farceur, et quelque peu frondeur, qui règne sur cette ville.
Comment vivez-vous la plongée dans ce projet ambitieux ?
Je me sens à ma place et super stimulée, dans le bon sens du terme. C’est un projet passionnant à porter, artistiquement comme humainement. Une expérience pionnière, ce qui la rend d’autant plus exaltante.
Une image pour représenter lcdf27 ?
Les Anciens abattoirs – le cœur palpitant de la manifestation. Magnifique et symbolique, ce bâtiment anciennement voué à la mort est en train de revenir à la vie, à travers l’art et son partage avec le public.
Quel type de public est attendu, hormis votre maman ? Il n’y a pas de profil attendu. J’aimerais que tout le monde puisse se sentir bienvenu dans cette Capitale.
Comment la population pourra-t-elle participer ?
Il y aura différentes façons de prendre part à la manifestation. Certains projets artistiques ne pourront se réaliser qu’avec la participation du public. Nous aurons ainsi besoin de danseur-euse-s amateur-rice-s, mais aussi de joueur-euse-s de hockey ou encore de personnes disposées à nous confier leurs meilleures recettes de cuisine. Plus pragmatiquement, nous recherchons, dès à présent, des bénévoles pour contribuer à l’accueil du public et des artistes, à la gestion des espaces de convivialité et bien d’autres missions encore.
Quelle sera la « trace » de lcdf27 à La Chaux-de-Fonds ?
Je voudrais que toutes et tous gardent en mémoire cette Capitale culturelle. Si chaque personne trouve dans cette année 2027 un souvenir à chérir dans son cœur, alors ce sera un succès.
Un mot de la fin ?
Maman, je te promets qu’il y aura un spectacle pour toi !
Marikit Taylor, chargée de mission Capitale culturelle
Photo : Julie Babey