LLe Musée des beaux-arts célèbre cette année son centenaire. Plus qu’un lieu d’exposition, son bâtiment, inauguré en 1926, incarne un siècle de rayonnement culturel, de générosités privées et d’engagement citoyen.
Tout commence le 8 avril 1864 avec la fondation de la Société des Amis des Arts, animée par la volonté de soutenir la création locale et de rendre les œuvres accessibles aux artisan-e-s. Les débuts sont modestes : les collections sont nomades et circulent entre le Foyer du Casino et le Collège industriel, faute d’un lieu permanent. Ces solutions provisoires révèlent rapidement leurs limites et rendent incontournable la création d’un véritable musée.
Un fonds de construction est créé dès 1868, puis renforcé en 1899 par le legs de Léon Louis Gallet, président de la Société et figure majeure de l’horlogerie chaux-de-fonnière. Ce geste engage le projet, mais il faut attendre 1921 pour l’acquisition d’un terrain, et 1923 pour que la construction soit votée. Confié à René Chapallaz et Charles L’Eplattenier, le bâtiment est inauguré le 5 juin 1926. Son architecture néoclassique aux accents Art déco, reconnaissable à ses couleurs, s’impose comme un repère dans le paysage urbain de la ville.
Après 1926, les collections s’enrichissent, ravivant la question de l’espace. Le legs de Madeleine et René Junod rend nécessaire un agrandissement : adopté en 1987, le projet de l’architecte Georges Haefeli modernise profondément le musée. Cette évolution illustre une réalité que connaissent bien la plupart des musées : conserver, accueillir et enrichir des collections publiques impose des besoins en espace que les bâtiments, même agrandis, peinent à satisfaire.
Derrière ces murs et ces collections, c’est une communauté entière qui fait vivre le musée au quotidien. Artistes, conservateur-ice-s, donateur-ice-s et public en écrivent l’histoire, tout autant que les hôte-sse-s d’accueil, surveillant-e-s, agent d’entretien, technicien-ne-s, équipes administratives, restauratrice et collaboratrice scientifique qui veillent à ce que les œuvres traversent le temps et soient vues par le public.
C’est cette communauté que le musée souhaite célébrer et retrouver le 30 mai, pour une journée et une soirée festives. Au programme : visites des coulisses, atelier créatif pour enfants et un stand de frites animé par le directeur !