En 2027, si la programmation de Capitale culturelle suisse (lcdf27) se déroulera dans toute la ville, le cœur de la manifestation se situera aux Anciens abattoirs, ce bâtiment impressionnant inauguré en 1906 pour une population locale en pleine expansion.
Imaginé pour un bassin de population de 50’000 personnes, il est aussi conçu comme un abattoir-frontière, destiné à l’importation de viande étrangère dans un contexte de production nationale de plus en plus insuffisante. Il doit donc répondre à des normes d’hygiène très strictes et être raccordé à la gare par une voie de chemin de fer aujourd’hui désaffectée, mais toujours présente.
En 1906, on vante les qualités de ses installations frigorifiques ultra-modernes, l’ingéniosité de ses rails aériens (toujours visibles dans certaines salles) et le style « Renaissance allemande » de ses bâtiments administratifs. Lors de son ouverture, on dit qu’il s’agit d’un établissement modèle, d’un « progrès d’ordre hygiénique et social ».
Crises horlogères, épizooties et guerre obligent, le complexe n’a jamais fonctionné à plein régime, mais il était reconnu pour la rationalité et la modernité de ses aménagements. Témoin exceptionnel de son époque, il est considéré de nos jours comme un monument historique de valeur nationale.
En 2013 a lieu le dernier abattage. Dès lors, le site entame une mue fondamentale. La Ville travaille à transformer ce lieu au passé complexe en centre de congrès polyvalent et alternatif à haute valeur patrimoniale. Il accueille désormais des manifestations culturelles et festives de toutes natures à l’instar, par exemple, des abattoirs de Copenhague, Rome, Paris, Madrid ou Helsinki – et bientôt Zurich et Lugano. En 2015, le centre d’art contemporain QG et la brasserie de La Comète s’y installent, sans oublier le Skate Park, locataire de longue date du lieu.
Cet été, lcdf27 entamera des travaux permettant d’améliorer, de manière pérenne, les infrastructures techniques et d’accueil. Il s’agit de l’installation d’un grand grill technique (une structure d’accroche fixe) dans la rue centrale, qui facilitera la mise en place d’équipements techniques tout en proposant de nouvelles solutions d’utilisation du lieu. On prévoit également un éclairage architectural destiné à mettre en valeur certains bâtiments du site.
2027 marquera un tournant majeur. C’est ici que l’on se retrouvera pendant toute l’année pour découvrir les cartes blanches – 12 expositions et expériences imaginées par des artistes et collectifs de la région, qui transformeront chaque mois un espace des Anciens abattoirs en univers unique et sensoriel. On y trouvera aussi un nouveau restaurant, une cafétéria, une billetterie, des spectacles et des festivals. Notons qu’une partie des éléments phares de la programmation sera révélée au public le 26 mai prochain.
C’est ici surtout que se retrouveront les artistes, les collaborateur-trice-s, les bénévoles et le public. On y échangera, on s’y émerveillera et on y valorisera l’histoire tout en célébrant le moment présent.