Le Tourbillon – Journal officiel mensuel de la Ville de La Chaux-de-Fonds

L'heure qu'il est

Sextant et chronomètre de marine (photo MIH)

Le volet chaux-de-fonnier de l’exposition multisite « Des étoiles aux atomes. L’Observatoire cantonal de Neuchâtel » est à découvrir au MIH depuis quelques jours.

L’exposition du MIH (Musée international d’horlogerie), intitulée Déterminer l’heure, vous propose une immersion dans une navette spatio-temporelle qui vous fera parcourir les 150 ans de l’histoire de l’Observatoire cantonal au travers de ses instruments scientifiques. L’exposition se base sur les recherches les plus récentes menées au sein de l’Université de Neuchâtel et de la HE-Arc Conservation‐Restauration.

Avant les horloges atomiques et les signaux GPS, déterminer l’heure demandait d’observer les étoiles dans le ciel. L’exposition raconte comment l’Observatoire a développé, pendant plus d’un siècle, des instruments, des méthodes et une culture scientifique pour mesurer le temps toujours plus précisément. La précision horlogère suisse ne s’est pas construite uniquement dans les ateliers horlogers, mais aussi grâce à l’astronomie, à la métrologie et aux instruments scientifiques. Derrière le numéro d’appel de l’horloge parlante ou l’affichage de l’heure sur l’écran d’un téléphone portable, la fabrique du temps opère au sein des observatoires.

Lunette méridienne Ertel & Sohn (photo MIH)

Cette histoire matérielle de la détermination de l’heure, exposée au MIH, n’est pas dénuée de facteur humain. Celui-ci en est même le centre. À ce titre, le Photographic Zenith Tube (PZT), pièce maîtresse de l’exposition, marque un tournant décisif : au lieu de dépendre uniquement de l’œil et du geste de l’astronome, le PZT photographie automatiquement le passage des étoiles proches du zénith afin de réduire les erreurs humaines dans la mesure du temps. Cet objet rare, jamais présenté au public, raconte à lui seul une ambition – voire une obsession – scientifique : éliminer le facteur humain, perturbateur dans la définition d’un temps que l’on souhaite toujours plus exacte. Du point de vue muséographique, exposer cet instrument de 3 mètres de haut et de plusieurs centaines de kilos a aussi été un défi puisque, contrairement à la pratique courante, la scénographie qui englobe ce monumental appareil photo a été érigée après l’avoir installé au musée.
L’exposition, à voir jusqu’au 1er novembre 2026, est accompagnée d’un ouvrage disponible à la boutique MIH et d’un très riche programme de visites, d’ateliers et de conférences à consulter à l’adresse www.etoiles-aux-atomes.ch/agenda

Régis Huguenin, conservateur-directeur du MIH